Mercato: Griezmann, Neymar, Dembélé… Le Barça pousse-t-il ses cibles sur le marché des transferts à «faire grève»?

« J’en ai marre, je veux aller au Barça. » — Ruben Albarran/REX/Shutterstock/SIPA

  • Le Barça cherche à recruter Neymar et Griezmann cet été.
  • Les deux joueurs ont séché l’entraînement, chacun ayant des raisons spécifiques.
  • Une situation déjà vécue avec Dembélé ou Coutinho.

« Qu’on me donne l’obscurité puis la lumière, qu’on me donne la faim la soif puis un festin. Qu’on m’enlève ce qui est vain et secondaire, que je retrouve le prix de la vie enfin. » On connaissait le goût d’Antoine Griezmann ou Ousmane Dembélé pour Naza ou Vegedream. Un peu moins pour Johnny Hallyday et sa chanson L’Envie. Enfin, ça, c’est notre interprétation. Oui, car en séchant l’entraînement de leur club respectif (Atlético pour Griezou cette année, Dortmund pour Dembouz en 2017) pour rejoindre le Barça, les deux internationaux français font tout pour se libérer des chaînes mises par leur employeur. Une nouvelle forme de pression pour « retrouver le prix de la vie » qui finit toujours par fonctionner.

Philippe Coutinho a aussi tenté l’expérience, à l’été 2017, pour forcer son départ vers le club catalan. Liverpool n’avait pas cédé, dans un premier temps, avant de finir par vendre son joueur durant le mercato d’hiver. Mauvais que nous sommes, on s’est également dit que l’absence de Neymar à la reprise de l’entraînement du PSG lundi, même s’il doit être présent dès le 15, était aussi un moyen de faciliter son transfert vers la Catalogne… Vous nous voyez venir, évidemment. Quatre joueurs, une même situation, un même club : le Barça. Agressifs sur le marché des transferts, les Blaugranas poussent-ils les joueurs au front lorsqu’une négociation se complique ?

Le problème des clauses

« Honnêtement, je ne pense pas, assure Joan Domenech, journaliste au Periodico de Catalunya, qui suit le Barça quotidiennement. En tout cas, je doute que ça puisse être une stratégie venue directement de la direction. » D’autant que la situation varie selon les cas. Concernant Antoine Griezmann, le joueur avait annoncé son départ de l’Atlético à la fin de la saison et un accord avait été trouvé entre lui et le Barça dès février. Il ne restait donc plus qu’au Barça à payer la clause de départ, passée de 200 à 120 millions d’euros au 1er juillet. Sauf que, depuis une dizaine de jours, les Culès, en manque de liquidités, négocient pour échelonner les paiements. Chose refusée pour les Colchoneros, qui ont demandé au joueur, en représailles, de se rendre à l’entraînement dimanche, alors que sa reprise « officielle » ne devait avoir lieu que ce vendredi.

« Le vrai problème, en Espagne, ce sont les clauses, analyse Marcos Lopez, également journaliste au Periodico de Catalunya. C’est pour ça que certains clubs peuvent paraître un peu arrogants. Il s’agit de payer un prix, le club où est le joueur ne peut rien faire. C’était aussi le cas de Neymar en 2017. Vous croyez que le Barça aurait vendu Neymar 222 millions d’euros sans clause ? Bien sur que non. Ils auraient exigé beaucoup plus. » Deux ans plus tard, le Brésilien a des chances de faire le voyage retour, Paris-Barcelone. Encore faudra-t-il que les Catalans mettent le prix. Marcos Lopez, encore :

Mais le Barça reste dans une situation passive. Il y a deux entités qui ont un problème : c’est le PSG, qui doit rembourser une grosse partie des 222 millions investis sur Neymar, et le joueur lui-même, qui sait qu’il a fait une erreur en venant au PSG. »

Influence des agents

Et le fait que Neymar ne se soit pas présenté à l’entraînement lundi est évidemment bien vu de l’autre côté des Pyrénées. « Cette situation leur va à merveille, ils ne vont pas s’en plaindre, sourit Lopez. Mais jamais ils ne demanderaient à un joueur de sécher l’entraînement, car ça pourrait leur retomber dessus un jour. » Alors si les consignes de « grève » ne viennent pas de la direction du Barça, d’où peuvent-elles émaner ? « Je pense que c’est plus une question d’agents, pour tenter de forcer la sortie du joueur », affirme Joan Domenech. Les agents, cibles faciles ? Pas si sûr.

« Entre les clubs il y a une certaine déontologie, explique Franck Belhassen, agent de plusieurs joueurs en Ligue 1. Nous, conseillers, on peut leur demander [aux joueurs] de durcir les positions quand, généralement, les promesses ne sont pas tenues ou les demandes financières ne sont pas respectées. Par exemple, quand un joueur a un bon de sortie et que le président, voyant les offres arriver, réévalue le montant souhaité pour le vendre. Mais dans 99 % des cas, les transferts se passent bien et on n’en arrive pas là. Dans le cas Neymar, je pense qu’il reprendra l’entraînement le 15, comme il l’a dit. Il n’y a pas de pression. »

Le Barça achète cher

Le Barça ne fait donc pas figure de méchant loup sur le marché et le statut d’arrogant qui lui est collé n’est pas justifié, selon Joan Domenech : « Aujourd’hui, beaucoup de clubs ont des mannes financières importantes pour acheter les plus grands joueurs, donc le Barça ne peut plus juste se dire :  » On est le Barça, le joueur ne peut pas dire non « . Le club aurait même tendance à surpayer certains joueurs, comme Dembélé, Coutinho ou Malcom pour les faire venir. » Concernant l’ancien ailier de Bordeaux, le Barça s’était retrouvé un peu dans la polémique après que le joueur avait un accord avec l’AS Roma​.

Mais là aussi, les dirigeants blaugrana n’ont fait qu’obéir à la loi du marché, en enchérissant sur le prix proposé par les Italiens et en proposant au joueur, sûrement, un meilleur contrat. Le reste semble, là aussi, une question d’agents : « J’ai toujours été tranquille, expliquait Malcom à son arrivée en Catalogne. Mes agents s’en sont chargés [du transfert]. J’avais l’occasion de signer pour le Barça et, étant enfant, c’était un rêve pour moi de jouer dans ce club. » Les rêves sont faits pour être réalisés. Même si cela a un prix. « Toutes ces choses qui avaient un prix, qui font l’envie de vivre et le désir. » Et si Papa Johnny était un visionnaire sur le marché des transferts ?

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