Mercato Bordeaux : « Pas si surprenant »… Pourquoi les Girondins n’ont recruté absolument personne ?

Alain Roche avec Jean-Louis Gasset, l’entraîneur des Girondins. — Mehdi Fedouach / AFP

  • Les Girondins de Bordeaux ont bouclé leur mercato avec zéro recrue au compteur.
  • Le club vit une véritable cure d’austérité qui pourrait bien se poursuivre lors des deux prochains mercatos.
  • Cet été, les dirigeants ont réussi à réduire un peu la masse salariale mais pas à faire un gros transfert qui soulagerait un peu les finances du club.

« C’est la stratégie des grands clubs ! », cet ancien dirigeant des Girondins se marre derrière son téléphone. Ce mardi matin, il est d’humeur taquine quand il évoque le fait que le club bordelais n’a recruté absolument personne lors de ce mercato estival comme… le Real Madrid et Valence. Ce sont les trois seuls clubs dans ce cas dans les cinq grands championnats européens.

Pour les suiveurs du club au scapulaire, même si cela reste une anomalie étant donné les récentes performances sportives, ce n’est « pas si surprenant que ça » confie un dirigeant à 20 Minutes. Les Girondins sont aujourd’hui dans une situation financière très compliquée, voire critique, comme d’autres. Sauf qu’à Bordeaux, il ne faut pas compter sur l’actionnaire pour faire un petit écart. Même de quelques dizaines de milliers d’euros. Un sou est un sou pour King Street, le fonds d’investissement propriétaire du club. Et encore plus quand on en perd depuis deux ans…

Si les Américains ont accepté de remettre en juillet dernier 30 millions d’euros dans les caisses pour passer la DNCG, pas question d’en remettre en plus sur le marché des transferts. Le seul objectif de Frédéric Longuépée est de faire des économies même de bouts de chandelle. Comme pour tous les clubs, les recettes sont en chute libre. La saison dernière, une rencontre rapportait en moyenne 750.000 euros aux Girondins. Aujourd’hui, ce n’est pas loin d’être zéro, alors que la billetterie, c’est 23 % du budget bordelais.

Une masse salariale en baisse mais pas de gros transfert

« On a l’impression que la descente aux enfers se poursuit, la pente est très glissante et à force de réduire la voilure… », s’inquiète un fin connaisseur du club. Peu importe, il fallait coûte que coûte vendre (Bernardoni, Benrahou et Kamano), prêter (Pardo, Lauray et Medioub) ou carrément laisser libre (Mendy, Boupendza et Lottin) pour réduire au maximum la masse salariale bordelaise. Le départ de Paulo Sousa entre aussi dans cette stratégie puisque si l’entraîneur portugais et son staff sont partis avec un joli chèque de 2,6 millions d’euros, le club va économiser son énorme salaire (près de 2,5 millions d’euros annuels selon RMC par saison).

Au final, l’objectif de Frédéric Longuépée et de son nouveau directeur sportif, Alain Roche, est à moitié rempli puisqu’il manque sûrement à leur feuille de route un gros transfert : « Ils ont des obligations de ventes mais aujourd’hui, Roche n’est pas encore dans l’urgence car dès le début, il a déployé une stratégie sur trois mercatos jusqu’en juin 2021 », glisse l’un de ses proches.

Peut-être mais cela ne rassure pas forcément ses propriétaires. Selon les informations de 20 Minutes, King Street discuterait depuis peu avec Fortress pour repousser le remboursement de la ligne de crédit de 40 millions d’euros ouverte auprès de ce fonds d’investissement pour acheter le club il y a deux ans. En raison du Covid-19, KS espère reporter le début des échéances de ce prêt après 2022.

Même les joueurs libres coûtent trop cher…

Et le sportif dans tout ça ? Même le principal intéressé Jean-Louis Gasset reconnaît que c’est difficile : « Quand je parle d’arrivées, les dirigeants me parlent de départs. On parle plus de comptabilité que de football. » Le nouvel entraîneur bordelais aura donc mis moins de deux mois à se plaindre (gentiment) de sa direction. C’est un peu plus rapide que Paulo Sousa à qui on avait fait des promesses. JLG, lui, ne peut pas non plus tirer à boulets rouges sur son employeur car comme il le rappelle très souvent, « il connaissait le deal » comme son directeur sportif avant de venir : « Alain Roche n’est pas désabusé car il était au courant de la situation depuis des mois mais ça reste très dur à vivre et franchement étant donné tous les joueurs en fin de contrat et les économies à faire, le pire est sûrement à venir en juin prochain », affirme l’une de ses connaissances.

Il va falloir faire avec cet effectif bancal : une défense pléthorique, une attaque correcte et surtout un milieu de terrain très limité en quantité. Cyprien, Jean Lucas, Dominguez, Ntcham… Tous auraient pu venir renforcer ce secteur de jeu, mais pour ça, il faut un minimum investir. Otavio est donc ce mardi le seul milieu défensif de métier de l’effectif. Jean-Louis Gasset doit prier chaque soir pour que le Brésilien ne se blesse pas et ne soit jamais suspendu. Au moins cette situation laisse de la place aux jeunes (Bakwa, Traoré ou Mara) et c’était bien le projet de départ. Reste que c’est un gros pari et cela limite les ambitions bordelaises.

Le top 10, ce sera déjà bien comme le dit Roche. Un objectif loin du passé des Girondins de Bordeaux, club historique du football français. La situation est telle que le club n’a pour l’instant pas fait d’offre à Hatem Ben Arfa, joueur totalement libre, rapporte Sud Ouest. En même temps, pourquoi prendre un joueur à un poste déjà (trop) fourni pour les dirigeants ? Ce n’est pas comme si cette équipe regorgeait de talents…

Sport

Bordeaux-Dijon : Oudin-Kalu, les ailes du bonheur permettent aux Girondins de décoller (un peu)

Sport

Bordeaux-Nice : « Il est encore plus affûté »… Pablo, l’homme qui tombe à pic aux Girondins

0 partage