« Mental » ou comment aborder les troubles psychiques chez les adolescents

Constantin Vidal, Lauréna Thellier, Louis Peres et Alicia Hava incarnent respectivement Marvin, Estelle, Simon et Mélodie, les héros de « Mental ». — Jean-Philippe BALTEL/FTV

  • Après Skam, qui suit les tribulations d’une bande de lycéens, Mental, disponible ce vendredi sur le site FranceTVSlash, raconte les aventures d’une bande d’adolescents au sein d’une clinique pédopsychiatrique.
  • Alors que Skam était tiré d’un format norvégien, Mental est librement adapté d’une série finlandaise intitulée « Sekasin ».
  • La dramédie Mental ambitionne de libérer la parole autour des troubles psychiques des adolescents.

Bienvenue à la clinique pédopsychiatrique des Primevères pour une dramédie parfaitement barrée ! Après Skam, qui suit les tribulations d’une bande de lycéens, Mental, disponible ce vendredi sur le site FranceTVSlash, raconte les aventures d’une bande d’adolescents au sein d’une institution, perturbée par l’arrivée d’un nouveau patient, un jeune garçon de 17 ans nommé Marvin (Constantin Vidal), interné à la suite d’une décision de justice et plein d’agressivité à l’encontre du personnel et de ses nouveaux compagnons : Mélodie (Alicia Hava), Estelle (Lauréna Thellier) et Simon (Louis Peres). A l’instar des Bracelets rouges sur TF1 qui parvient à chroniquer la vie des enfants malades dans un hôpital sans sombrer dans le pathos, Mental, sacrée meilleure série 26’, au dernier Festival de la fiction TV de la Rochelle, réussit à aborder un thème épineux, les troubles psychiques chez les adolescents, avec délicatesse, émotion et surtout, beaucoup d’humour. Explications.

Une écriture encadrée par des pédopsychiatres

Alors que Skam est tiré d’un format norvégien, Mental est adapté d’une série finlandaise, intitulée Sekasin. « On en a fait une adaptation très libre. Finalement, de commun, il ne reste que le pitch. On a plus adapté un concept qu’une série. Il n’y a ni personnage, ni scène, ni dialogues en commun », souligne Augustin Bernard, producteur chez Black Sheep Films, qui coproduit ce 10×20’avec EndemolShine Fiction.

L’idée forte de Mental est de « traiter des troubles psychiques chez les adolescents de leur point de vue et non pas de celui du personnel soignant », résume-t-il. « On a appréhendé le sujet en passant par la recherche », raconte Marine Maugrain Legagneur, cocréatrice de Mental. L’écriture a été encadrée par deux pédopsychiatres, qui ont relu le scénario à chaque étape clé. « Ils nous ont ouvert les structures. On a visité des cliniques, des maisons d’adolescents. On a assisté à des groupes de parole et on a rencontré des anciens patients », détaille la scénariste.

« On voulait être très justes, sans faire une série pédagogique ou trop documentée. On voulait rester léger et qu’il y ait une sous-couche très forte, qui s’est nourrie de toutes ces documentations et rencontres, discussions, échanges, avec le personnel pédopsychiatrique », renchérit le producteur.

Ne pas poser de pathologie sur les personnages

Derrière Mental, « il y a l’envie de déstigmatiser la souffrance psychique chez les adolescents, qui est vraiment taboue parce que les ados n’en parlent pas et gardent cela pour eux », souligne encore Augustin Bernard.

« Pour créer les personnages, on est parti de pathologies qui nous semblaient raconter quelque chose de l’adolescence », raconte la scénariste. Afin de libérer cette parole, la série évite de nommer les pathologies des adolescents. « Cela ne se fait pas dans la vraie vie. A 15 ou 16 ans, on ne pose pas un diagnostic parce que c’est très évolutif », explique la scénariste.

Sur le plan de la fiction, l’idée était de ne pas réduire les personnages à leur pathologie. « Cela crée une différence entre les personnages et les téléspectateurs. D’autant plus que pour ces ados, c’est souvent juste une mauvaise passe. Si c’est soigné tôt, ils pourront retrouver une vie comme la plupart des gens. On voulait vraiment casser la frontière entre eux et nous, comme il y a souvent dans les fictions de psychiatrie », poursuit le producteur.

Et cela se traduit aussi dans le jeu des comédiens. « Travailler avec les pédopsychiatres, cela m’a beaucoup aidé. Je partais vraiment vers un truc façon Vol au-dessus d’un nid de coucou, Happiness Therapy ou Une femme sous influence. Mais les pédopsychiatres nous ont dit d’être le plus simple possible », se souvient l’interprète de Mélodie, Alicia Hava, repérée dans la mini-série Roi de la Vanne sur Canal+.

Tous les adolescents peuvent ainsi se reconnaître dans les affres que traverse la bande de Mental. « Le fondement de l’adolescence est de passer par des états limites, durs à gérer », commente la scénariste. « Ce sont des ados mais ils sont confrontés à des problématiques qu’on peut avoir », résume Louis Peres, qui joue Simon. « Ils ont juste une façon différente de gérer la vie », constate Lauréna Thellier, qui campe Estelle.

Un décor adapté

La série a été tournée dans le foyer Saint-Joseph de Clermont-Ferrand, qui accueille normalement des étudiants en médecine. « On ne voulait pas être dans un HP, ni dans ce qui est attendu d’un décor médical avec des murs blancs. Ces centres de soins n’ont pas besoin d’être sur médicalisés. Les soins sont constitués essentiellement de médicaments, d’art-thérapie et de parole », relate le producteur.

« C’était important de ne pas créer de l’angoisse autour de ce lieu. On ne voulait pas stigmatiser ce genre d’institution. On a pris le parti de ne pas être dans l’ultra réalisme. Les conditions de vie dans les HP, ce n’est pas le sujet. Ce qu’on souhaite, c’est rassurer et amener les adolescents à parler en cas de besoin », conclut la scénariste. Alternant moments légers et instants graves, Mental aborde, au-delà des troubles psychiques, la difficulté d’exister quand on est un adolescent, à la manière de grands teen drama tels que Skins ou plus récemment d’Euphoria ou Sex Education.

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