Match Nice-Cologne : Le supporteur jugé pour violences affirme que son comportement était « un accident »

Si « ce n’est pas le procès du hooliganisme » que le tribunal judiciaire de Nice était appelé à ouvrir ce jeudi, selon le président de la chambre correctionnelle, « c’est en tout cas bien celui d’un hooligan » qu’il faudra mener, a jugé le représentant du parquet. L’audience du supporteur grièvement blessé en basculant d’une tribune du stade de Nice, le 8 septembre, a été renvoyée au 25 janvier 2023 mais, pour le ministère public, les infractions qui lui sont reprochées « n’appellent pas d’autres appellations ».

Il est notamment poursuivi pour avoir commis des « violences volontaires » dans l’enceinte de l’Allianz Riviera, où des affrontements entre supporteurs avaient éclaté avant le match OGC Nice-FC Cologne. Il a obtenu un délai pour préparer sa défense.

Le parquet avait requis sa détention provisoire dans l’attente de sa nouvelle convocation mais le tribunal a finalement décidé de placer ce père de famille de 33 ans, jusque-là inconnu de la justice, sous contrôle judiciaire. Il a également l’interdiction de fréquenter d’ici là les stades et toutes autres enceintes sportives.

Un supporteur du PSG ?

Placé en garde à vue dès sa sortie de l’hôpital où il avait été admis dans un état critique jeudi dernier, ce résident de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), est également poursuivi pour avoir fait « usage de fusée ou artifice » et pour « jet de projectile présentant un danger pour la sécurité des personnes » dans l’enceinte du stade. Un supporteur de l’OGC Nice blessé et le club se sont constitués parties civiles.

Si le fond du dossier n’a pas été abordé ce jeudi, le prévenu, chauffeur de bus à la RATP, a en tout cas eu l’occasion d’affirmer qu’il se trouvait à l’Allianz Riviera ce jour-là en tant que « supporteur de l’équipe de Cologne » et pas du PSG. Plusieurs sources confirmaient dès le soir du 8 septembre que des membres du groupe dissout des « Supras d’Auteuil » se trouvaient dans les tribunes, aux côtés des supporteurs du club allemand.

« Ça ne se reproduira pas »

« Très alcoolisé » au moment des faits, selon le directeur de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes, il avait fait une chute d’environ 5 m avant d’être pris en charge par les secours. Après avoir demandé à rester assis dans le box, incommodé par ses blessures qui lui ont aussi causé quatre jours de coma selon son avocat, il a déclaré que son comportement « était un accident ». « J’ai mis en péril ma vie de famille. Ça ne se reproduirait pas » a assuré le trentenaire, qui souffre de huit côtes et d’une omoplate cassée.

« Je l’imagine mal, dans son état de santé, retourner dans un stade de foot… », a ajouté son conseil Me Elyes Ksia, rappelant que le prévenu, actuellement en CDI, était père de deux enfants en bas âge et n’avait pas de casier judiciaire. « Cela ne l’a pas empêché de traverser la France pour venir commettre des violences. Cet appel à la violence a été plus fort que celui de sa famille ! D’autres matchs vont avoir lieu d’ici là », a déclaré le représentant du ministère, requérant son placement en détention.

Trois enquêtes ouvertes

« Jusqu’à preuve du contraire, ce monsieur est présumé innocent. C’est un dossier très, très médiatisé, mais il ne doit pas être bâclé », a répondu la défense, « étonnée qu’il n’y ait pas eu d’ouverture d’information judiciaire » dans cette affaire. « Où sont toutes les autres personnes qui ont été filmées et identifiées dans le stade ? », a-t-il interrogé.

Le parquet de Nice a demandé l’ouverture de trois enquêtes suite à ces échauffourées, pour les dégradations occasionnées sur la boutique du Gym place Masséna, pour les violences commises hors du stade et pour celles constatées dans les tribunes. Mais aucune autre interpellation n’a pour le moment été annoncée.