Marseille : Un passager accuse des agents de la SNCF de violences

La gare Saint-Charles à Marseille. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

  • Thomas, 23 ans, affirme avoir été victime de violences par des agents de sûreté de la SNCF lors d’un contrôle à la gare Saint-Charles de Marseille.
  • Selon sa version, après avoir mis ses pieds sur un siège, les agents sont venus le contrôler et l’ont fait sortir du train lui reprochant de ne pas avoir de masque, alors que Thomas assure qu’il en portait un.
  • La SNCF affirme que Thomas ne portait pas de masque : « Il n’a pas enlevé son masque pour boire, il n’en avait tout simplement pas ».

Deux cents euros d’amende et de la violence qu’il ne comprend toujours pas. Thomas, 23 ans, explique avoir été violemment pris à partie par plusieurs agents de sûreté de la SNCF samedi, à la gare Saint Charles de Marseille. Arrivé de Strasbourg, il ne lui restait plus qu’à rejoindre Aubagne depuis Marseille, via un TER. « Je me suis installé dans le train et j’ai posé mes pieds sur le siège en face de moi. J’étais crevé. Là, un agent me fait un signe avec un flash depuis le quai pour me demander de retirer mes pieds, ce que je fais », explique Thomas.

Sauf que les agents montent dans le train et viennent contrôler le jeune homme. « Ils m’ont demandé mon billet, que j’avais, et ma carte d’identité, que je pensais avoir oubliée. Ils ont fouillé mon sac sans mon accord, et ont trouvé ma carte d’identité tout au fond. Ils m’ont immédiatement traité de menteur. Pendant ce temps-là, j’ai enlevé mon masque pour boire une gorgée d’eau, et ils ont commencé à m’accuser de ne pas avoir de masque. Alors que depuis le départ, je l’avais », relate-t-il.

Sorti manu militari

C’est à partir de ce moment que les choses se sont envenimées, selon son récit. « Ils ont voulu me sortir du train parce que je n’avais pas le masque et m’ont dit que je n’avais qu’à prendre le train suivant et repayer un billet. Sauf que je me rendais aux funérailles de ma belle-mère, je ne pouvais pas prendre le train suivant. Donc j’ai refusé de sortir, en leur expliquant la situation. Là ils m’ont attrapé et violemment jeté du train, en me tordant le bras et en me pinçant au niveau du cou », décrit le jeune homme. Qui écope au passage de deux amendes de 100 euros chacune, une pour les pieds, une autre pour le masque, selon lui.

En faisant quelques recherches sur Internet, il tombe sur un article de 20 Minutes décryptant une séquence vidéo où l’on voit des agents contrôler violemment un jeune homme, sans masque, dans un train entre Marseille et Nice. « Là j’ai reconnu la femme qui était avec les agents, mais qui ne m’a pas frappé, et un autre agent qui, lui, m’a agressé », explique Thomas, qui se décide à nous contacter.

« Sujet très sensible »

Depuis il a déposé plainte à la gendarmerie de Roquevaire, et a fait constater ses blessures par un médecin légiste. « Elle a tout de suite établi que les bleus que j’avais sur le corps dataient bien de samedi, et elle a relevé des traces de pincement. Elle m’a également fait voir une psychologue qui a pu établir que j’avais subi un léger traumatisme », précise Thomas.

La SNCF explique s’être saisie rapidement de « ce sujet très sensible ». « Nous avons pu établir grâce à des rapports de mission qu’il ne pouvait pas s’agir des mêmes agents vus dans la vidéo de l’article », détaille la SNCF.

« J’avais mon masque ! »

Elle affirme également que Thomas ne portait pas de masque. « Il n’a pas enlevé son masque pour boire, il n’en avait tout simplement pas », ajoute la SNCF. Elle reconnaît néanmoins que Thomas a été sorti du train « avec rudesse, mais sans coup ni violence », après deux injonctions lui demandant de sortir du train.

Sauf que Thomas persiste dans sa version : « J’avais mon masque ! J’attends de voir les vidéos, et même celles sur le quai sur lesquels on pourra voir que même lorsqu’ils me sortent du train j’ai mon masque. Et je suis sûr de reconnaître la femme, qui est bien visible sur la vidéo, et l’autre agent ». La SNCF réaffirme, de son côté, qu’elle est prête à fournir les vidéos en cas d’action devant la justice.

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