Marseille : Un important réseau de vol dans les trains démantelé

Quand les forces de l’ordre ont pénétré dans l’appartement qui servait de nourrice au malfrat, dans un quartier sensible tout près de la gare Saint-Charles de Marseille, ils sont tombés avec étonnement sur une véritable « caverne d’Ali Baba », selon les propres termes du commissionnaire divisionnaire David Brugère, chef de la sûreté départementale des Bouches-du-Rhône. Des montagnes de valises, de sacs de luxe, de lunettes de soleil, de montres, de chaussures de marque, d’appareils photos. A ce butin dont la valeur totale est estimée à environ 150.000 euros s’ajoutent les 13.700 euros de billets retrouvés sur place, et les 240.000 euros retrouvés sur les comptes bancaires des trois protagonistes. Un butin amassé uniquement par des vols avec recel dans les premières classes de TGV entre Paris et Nice, et même jusqu’à Genève, par trois hommes au mode opératoire bien rodé.

Un homme de 57 ans originaire des Alpes-Maritimes, grimé en femme à l’aide d’une perruque, prenait place dans des TGV, et discrètement, sous les yeux de ces voisins, ou furtivement, au profit d’une courte absence de ces derniers, s’emparaient de leurs effets personnels et autres bagages. Il descendait alors à la gare suivante, et prenait la fuite, parfois aidé d’un complice qui l’attendait en voiture. Un autre voleur de 40 ans opérait lui aussi. Tous deux étaient aidés par un receleur de 41 ans. Les trois individus ont déjà été condamnés pour des faits similaires.

Une enquête depuis avril

L’enquête a démarré en avril dernier, après un vol commis par l’un des trois suspects à la gare d’Aix-en-Provence TGV. Les forces de l’ordre, qui le connaissent de par son passé judiciaire, l’identifient sur les caméras de vidéosurveillance alors qu’il vient de dérober à une passagère une sacoche avec, à l’intérieur, pas moins de 50.000 euros de bijoux. Après plusieurs mois d’enquête, les policiers marseillais parviennent à mettre la main sur ses deux complices, dont l’un embarquait justement dans un train à Bourg-en-Bresse à destination de Genève. Lors de leurs gardes à vue, les trois hommes ont expliqué agir depuis cinq à six ans et n’ont pas donné d’explications sur leur manière d’écouler cette marchandise dérobée.

Reste aux enquêteurs à retrouver les propriétaires des nombreux objets dérobés. « Il y a au moins une centaine de victimes Des victimes qui sont de plus disséminées aux quatre coins de la France et au-delà ». Ainsi, le propriétaire d’une montre d’une valeur de 70.000 euros dérobés pendant le festival de Cannes en 2019 a été retrouvé… à San Francisco.