Marseille : Peine maximale requise contre le chef présumé d’une organisation criminelle nigériane

La peine maximale de dix ans d’emprisonnement a été requise mercredi contre le chef présumé en France de la « Supreme Eiye Confraternity », une confrérie étudiante nigériane ultra-violente classée comme organisation criminelle, accusé d’avoir dirigé une filière lyonnaise de prostitution et de traite d’êtres humains.

Des peines de trois à dix ans de prison ont été requises contre les neuf autres prévenus, sept femmes et deux hommes, tous Nigérians, jugés devant le tribunal correctionnel de Marseille pour leur implication dans ce réseau implanté à Lyon en 2018.

Pour Alice Mazière, la procureure, Isi Omoijiade, 43 ans, était un « intouchable », malgré son statut officiel d’agent d’entretien : « Cet homme humble avec une vie lambda qui va chercher ses enfants à l’école, il a le statut hors du commun d’ebaka en France, de chef suprême » de la SEC, a insisté la magistrate.

De Lyon à Marseille

Dix ans de prison ont également été réclamés contre Kate Imarhia, 36 ans, la « mama des mamas » selon Mazière, qui a dépeint cette mère de quatre enfants comme « une femme dangereuse et crainte par tous ».

Très liée à un enquêteur lyonnais, Imarhia, alias « Mama Marbel », rackettait les autres femmes proxénètes lyonnaises, leur promettant que la police les laisserait tranquilles si elles la rémunéraient. C’est la mise en cause de ce policier, finalement blanchi, qui a provoqué le dépaysement à Marseille de cette affaire lyonnaise.

Contre six autres « mamas », ces femmes proxénètes organisant la prostitution de jeunes femmes, notamment dans des camions, Alice Mazière a requis des peines de trois à huit ans de prison. Maillons essentiels d’un véritable « système prostitutionnel », ces « mamas » faisaient venir des jeunes Nigérianes qui se retrouvaient contraintes de leur rembourser des sommes allant de 20.000 à 60.000 euros.

« Même avec la drogue, on n’atteint pas une telle marge »

« Un an pour rembourser 50.000 euros avec des passes à vingt euros, c’est dire l’exploitation. Même avec la drogue, on n’atteint pas une telle marge », a accusé Mazière, en rendant hommage aux victimes, ces femmes « traitées comme de vulgaires marchandises qu’on exporte ». Ces « mamas », elles-mêmes anciennes prostituées, « sont passées de victimes à auteures participant d’un système qui les a elles-mêmes oppressées », a précisé la procureure.

Une peine de six ans de prison a été réclamée contre Donatus Samson, alias « Donald », « homme de confiance, soldat d’Isi Omoijiade sur le terrain, qui appliquait ses ordres avec force ». Enfin, cinq ans ont été requis contre Lyobosa Odiase, gestionnaire des camions utilisés pour la prostitution. Camions dont le contrôle avait provoqué une guerre violente entre membres de la SEC. La défense commencera jeudi les plaidoiries.