Marseille : Les nouveaux « LeVélo » électriques coincent, un mois après leur lancement

C’était le 19 décembre dernier. Dès l’aube, les employés d’Inurba Mobility, société avec laquelle la métropole d’Aix-Marseille avait conclu le marché de déploiement de vélos tout électriques en libre-service en remplacement des anciens mécaniques, se lançaient dans l’installation des nouvelles bornes.

Un mois plus tard, et l’installation de 100 premières stations (sur les 200 prévues pour la fin février) des usagers font état de difficulté à trouver des vélos disponibles, particulièrement ces derniers jours. Une « petite dégradation du service ces derniers jours » que ne nie pas Eric Mortier, le directeur de Citybike, société exploitante. Sur la centaine de stations installées, 45 seulement sont électrifiées », avance-t-il. Un problème pour ces vélos, qui roulent justement à l’électrique, et qui contraint les 25 employés à changer manuellement les batteries.

Près de 300 vélos « dans la nature »

A cela s’ajoutent des vélos dispersés en ville – et non sur une borne – que les employés doivent s’échiner à retrouver. Lundi matin, plus de 270 d’entre eux, sur les 800 mis en service, avaient « disparu dans la nature ». Une centaine manque encore à l’appel et la tâche s’annonce ardue. « Lorsque les batteries sont complètement vides, la localisation GPS s’arrête », renseigne Eric Mortier.

« On en revient à une activité de free floating », accuse Jérémie, un ex-employé dont le contrat a été rompu pendant sa période d’essai. « J’ai été recruté pour être régulateur (répartir les vélos sur les bornes, en gros) et non swappeur (changement de batterie, récupération des vélos éparpillés). On nous mettait la pression pour avoir du rendement. Lorsque, avec mon collègue, nous nous sommes plaints de travaux qui ne figuraient pas sur notre fiche de poste, on nous a renvoyés », dénonce cet ancien chauffeur de taxi qui décrit un service « complètement désorganisé » et un « manque de vélos ». Un « non-événement » a commenté le directeur, pour qui ça ne collait tout simplement pas avec ces deux employés.

Pour autant, le déploiement au rythme de dix à douze stations par semaine se poursuit et devrait permettre la montée en puissance du service après « ce temps de rodage », convient Eric Mortier. Quelques ajustements technologiques et informatiques ont également été réalisés, notamment pour éviter l’abandon de vélo hors des bornes. Comme le rétablissement de l’authentification systématique des moyens de paiement auprès des banques, ce qui, in fine, permettait de louer des vélos életcriques avec des cartes volées et même si opposition avait été faite. Enfin, Enedis continue son travail d’électrification des bornes. Et cela prend du temps, comme souvent à Marseille.