Marseille : Face au « Real Madrid du water-polo », la piscine du Cercle transformée en chaudron

Les « Depé » du Cercle des Nageurs de Marseille portent des Stan Smith et vont encore au lycée. — J. Saint-Marc / 20 Minutes

  • Pour le premier match de Ligue des champions de water-polo de son histoire, le Cercle des nageurs s’est incliné 9-13 face aux Italiens de Pro Recco.
  • Cette confrontation contre une des meilleures équipes du monde a permis aux supporters du Cercle de monter en puissance, dans les traces des groupes les plus chauds du Vélodrome.

La Ligue des champions a ceci de fou qu’elle transforme les rectangles en ovales. « Quand le virage se met à chanter, c’est tout le stade qui va s’enflammer » : les supporters du Cercle des nageurs de Marseille empruntent des chants à leurs amis du Vélodrome, et, grâce à eux, une piscine devient un chaudron. Il faut dire qu’il y avait de beaux costauds à passer sur le gril, ce mercredi. Le Pro Recco est parfois surnommé « Real Madrid du water-polo » : on a vu plus facile pour une première en Ligue des champions.

Les Genovesi ont débarqué à Marseille bardés de leurs 62 titres, dont huit Ligue des champions. Ils en sont repartis avec une victoire (9-13). Mais la « squadra più titolata al mondo » (on ne vous fera pas l’affront d’une traduction) n’a pas fait rougir le Cercle. « C’était le grand favori, et ils ne nous ont jamais largués », rappelle Ugo Crousillat ; son entraîneur Marc Amardeilh se réjouit « d’avoir quand même marqué neuf buts à une très grande équipe. » Autre satisfaction : être encouragés par 500 personnes, contre moins de 100 pour les affiches les plus banales du championnat.

Mondains aquatiques et apprentis capos

Quittons, justement, les effluves chlorés de la zone mixte pour plonger dans les tribunes du Cercle. On y croise les notables habituels, entrepreneurs en goguette et autres mondains aquatiques. Ils doivent se parler à l’oreille, puisque une soixantaine de minots font monter les décibels. « Les joueurs nous donnent leur énergie, on leur donne nos voix », conceptualise le jeune Sacha. C’est l’un des six ou sept leaders du groupe, avec deux « Théo » qui s’improvisent capos. Ils nous expliquent :

On tente de structurer sérieusement l’association cette année, avec la Ligue des champions. La Ligue Europa (Euro cup) a bien marché l’an dernier. Il y a pas mal de monde qui a rejoint notre mouvement. On monte en puissance. »

L’évolution du score est quasi anecdotique pour ces fadas, qui passent la soirée dos au bassin, face à leurs potes. Ça beugle, ça pogote gaiement, ça conteste les décisions de l’arbitre. Mais poliment. « On s’inspire bien sûr des ultras du foot, mais sans la violence et la vulgarité qui vont avec », précise un de ces fils de bonne famille, licencié au Cercle.

Leurs vociférations ne choquent donc pas leurs voisins de tribune, comme Touria, pass VIP au poignet. « C’est très bien, ce que font ces petits jeunes », sourit cette militaire, par ailleurs « dog-sitter » d’un des joueurs. Il y a quelques années, elle fréquentait les travées du Vélodrome. Depuis qu’elle côtoie « Pef » (Pierre-Frédéric Vanpeperstraete, mot compte double), elle a lâché le foot pour le water-polo : « La façon dont les gens se tiennent en tribune me convient plus ici. »

Accessoirement, cette saison, il n’y a pas de coupe d’Europe boulevard Michelet. Et les fans de foot n’ont plus vu un match de Ligue des champions à Marseille depuis un triste soir de décembre 2013. « C’est bien pour la ville de voir une équipe en coupe d’Europe, un deuxième club à côté de l’OM », observe Igor Kovacevic. Une poignée de Fanatics, un groupe ultra des plus intransigeants, était d’ailleurs au Cercle, ce mercredi. Ils n’ont pourtant ni le même maillot, ni le même ballon.

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