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Marine Le Pen condamnée à 4 ans de prison : retour sur l’affaire des assistants parlementaires

Marine Le Pen, mais aussi huit eurodéputés de son parti Le Rassemblement national, ont été condamnés lundi et reconnus coupables de détournement de fonds par le tribunal de Paris, dans l’affaire des assistants parlementaires européens.

Les douze assistants ont, quant à eux, été reconnus coupables de recel. Le parti politique a été condamné à 2 millions d’euros d’amende, dont un million ferme.

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Affaire des assistants parlementaires : Marine Le Pen condamné à quatre ans de prison

Le verdict a été rendu dans l’affaire des assistants parlementaires et Marine Le Pen, ainsi que huit autres eurodéputés ont été jugés pour détournement de fonds publics par le tribunal de Paris. En outre, la cheffe du RN à l’Assemblée nationale est inéligible pendant cinq ans et se voit infliger une peine d’emprisonnement de quatre ans dont deux fermes sous bracelet électronique.

Cette affaire porte sur des accusations d’emplois fictifs entre 2004 et 2016. Les eurodéputés disposent d’une enveloppe de 21 000 euros pour recruter des assistants pour travailler sur des dossiers européens et non pas au profit du parti politique.

Par ailleurs, les eurodéputés du Front national sont soupçonnés d’avoir utilisé leurs assistants parlementaires à des fins partisanes, une pratique qualifiée de détournements de fonds publics. L’accusation évoque un système organisé par le parti pour rémunérer des assistants fictifs.

Pourquoi le RN y a-t-il eu recours ?

Les fonds européens détournés auraient profité au Rassemblement national à une période cruciale de son développement, alors que le parti était régulièrement confronté à des problèmes financiers. Son endettement s’élevait d’ailleurs à 22 millions d’euros en 2022.

Lors de son procès, qui s’est déroulé de septembre à novembre 2024, Marine Le Pen a souligné la complexité de la gestion financière des partis politiques en France, évoquant le caractère « bénévole » de leur fonctionnement.

En effet, le manque prolongé de députés et de sénateurs a longtemps été un frein majeur pour le parti d’extrême droite. En France, le financement public des partis politiques est directement lié à leurs performances législatives : une partie est distribuée en fonction des candidatures obtenant au moins 1 % des voix dans un certain nombre de circonscriptions, et l’autre en fonction du nombre de parlementaires. De plus, le parti a été également confronté à des dépenses importantes liées à sa masse salariale, qui s’élevait à 3.5 millions d’euros en 2018 pour un peu plus de 50 salariés.

Le Rassemblement national n’est pas le seul parti politique français à faire l’objet d’accusations de détournement de fonds publics. Le MoDem a été également dans une affaire similaire. En février 2024, huit personnes ont été condamnées dans ce cadre à des peines allant de 10 à 18 mois de prison avec sursis, ainsi qu’à des amendes de 10 000 à 50 000 euros et à deux ans d’inéligibilité avec sursis. François Bayrou, alors président du MoDem et actuel Premier ministre, a quant à lui été relaxé « au bénéfice du doute », une décision contre laquelle le parquet a fait appel.

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