« Marche des libertés » : Les gauches politiques, syndicales et associatives défileront dans toute la France samedi

Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon devraient participer à la marche des libertés samedi 12 juin 2021 à Paris — ISA HARSIN/SIPA

Le 5 mai, plusieurs figures de la gauche politique, syndicale et culturelle appelaient dans une tribune publiée dans Libération à une «marche des libertés» pour « dire non à l’
extrême droite ». Ce sera chose faite ce week-end dans de nombreuses villes de France où des défilés sont prévus samedi. Cette « marche », bien différente des événements dominés par les syndicats, se veut un événement de grande ampleur.

Mais le casting politique sera dispersé. L’Insoumis Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon (Générations) et l’écologiste Julien Bayou devraient participer à Paris. Le chef des communistes Fabien Roussel sera à Lille, le socialiste Olivier Faure en PACA, tandis que l’eurodéputé EELV Yannick Jadot participera à un autre événement.

Un long accouchement

Signe que l’accouchement de cette « marche » a été long et complexe : le processus a débuté à l’automne 2020, raconte le député LFI Eric Coquerel, co-initiateur avec le porte-parole de Générations Thomas Portes. L’opposition au projet de loi sécurité globale, et en particulier à sa disposition ouvrant sanction contre les personnes filmant les policiers, a cristallisé la colère d’un large spectre à gauche.

L’idée ne trouve pas de débouché au déconfinement du début d’année, mais se trouve ravivée par la démarche de la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal voulant attribuer au CNRS une enquête sur « l’islamogauchisme » dans la recherche, en février. La polémique qui lui succède immédiatement sur les réunions non-mixtes à l’UNEF finit de convaincre Eric Coquerel et Thomas Portes d’accélérer.

Dépasser les clivages

Mais la division des partis de gauche sur des sujets comme la laïcité, la police et la République, complique les soutiens à une initiative sur les libertés qui aurait fait l’unanimité dans cette partie de l’échiquier politique il y a plusieurs années. D’autant que l’appartenance d’Eric Coquerel à la garde rapprochée de Jean-Luc Mélenchon, de plus en plus isolé à gauche après la polémique sur ses propos liant présidentielle et terrorisme, a placé dans certains esprits l’événement en concurrence avec une autre initiative unitaire, davantage tournée vers 2022 : la réunion des gauches à l’appel de Yannick Jadot.

Pour franchir ces obstacles, les initiateurs se sont tournés vers les gauches culturelles, associatives et syndicales à travers un appel diffusé dans Libération. Les soutiens pour une marche le 12 juin affluent alors vite, de la CGT à la Cimade en passant par la LDH, la FSU, le Syndicat de la magistrature ou encore diverses ONG pour le climat.

« La très grande diversité m’impressionne. Ça montre qu’il y a un souci d’autoritarisme du pouvoir, et une pression idéologique et électorale de l’extrême droite qui touchent tout le monde. Mais il faut encore que ça se matérialise dans la rue samedi », note Eric Coquerel, prudemment confiant. Ces signatures en série forcent en retour les partis de gauche à se positionner. Mais là encore, rien de simple.

« On sent sur le terrain que les gens (de gauche) en ont marre de prendre des coups »

Le PS et le PCF, dont les chefs avaient participé à la manifestation des policiers devant l’Assemblée nationale le 19 mai, ne signent pas l’appel unitaire, annonçant plus tard leur participation par un communiqué distinct. Quant aux écologistes, d’accords sur le fond, ils signent après avoir regretté le timing de cette « marche », à une semaine des élections régionales qu’ils érigent en priorité.

Leur chef Julien Bayou participera cependant à la conférence de presse organisée à 12h45 au départ parisien de la manifestation, place de Clichy. A 14 heures, le cortège s’élancera vers la place de la République par le boulevard Magenta. Les syndicats défileront en tête, puis les associations, et enfin les partis, dans une ambiance « festive bien différente des traditionnels cortèges syndicaux », indique Thomas Portes. Le tout encadré par un « service d’ordre très musclé », prévient-il. Thomas Portes voit une « importance capitale » aux défilés de samedi : « On sent sur le terrain que les gens (de gauche) en ont marre de prendre des coups ».

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