Manifestante blessée à Nice: «Ils m’ont donné un coup de matraque dans la tête», assure Geneviève Legay

Geneviève Legay avant la charge des policiers, le 23 mars à Nice — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

  • Geneviève Legay a été victime d’une hémorragie méningée et d’un hématome sous-dural. Dans sa chute, la septuagénaire a aussi eu plusieurs côtes cassées et de nouveaux examens ont révélé une fracture du coccyx, selon Mediapart.
  • « Je me rappelle avoir été poussée par un policier », assure la militante d’Attac.
  • Son avocat, Me Arié Alimi a déposé plainte pour « violence volontaire en réunion avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique » et pour « subornation de témoin ».

Plus de deux semaines après son admission aux urgences après un traumatisme crânien, Geneviève Legay, la manifestante blessée à Nice dans une charge de la police pendant une manifestation interdite des «gilets jaunes», a pris la parole ce lundi. Interrogée par Mediapart, elle réclame que « les mensonges cessent » et « que la procédure judiciaire permette de révéler la vérité sur [ses] blessures ».

Sur France Bleu Azur, la militante d’Attac, âgée de 73 ans, explique « ne pas se souvenir ce qu’il s’est passé » pour la raison suivante : « Je pense que la première chose qu’ils ont faite c’est de me donner un coup de matraque dans la tête et ça, il faut qu’on arrive à le prouver ». « Vous êtes conscient quand vous faites un vol plané […] comme ils le disent. Là, je ne me rappelle d’absolument rien », a-t-elle détaillé.

Victime d’une hémorragie méningée et d’un hématome sous-dural, la septuagénaire a aussi eu plusieurs côtes cassées et de nouveaux examens ont révélé une fracture du coccyx, selon Mediapart. Toujours hospitalisée dans un service de convalescence, « elle n’a toujours pas retrouvé son équilibre, ni son odorat, sa vue reste floue et elle n’entend plus de l’oreille droite », rapporte le pure player.

« Macron ferait mieux de regarder ce qu’il fait lui »

Après avoir dans un premier temps affirmé que Geneviève Legay n’avait « pas été touchée, par un agent de sécurité » avant sa chute, le procureur de la République de Nice avait finalement admis le contraire quelques jours plus tard. «  Un fonctionnaire de police isolé et dépourvu de bouclier avait écarté du bras vers sa droite [Geneviève] Legay, provoquant ainsi la chute de cette dernière », a précisé Jean-Michel Prêtre le 29 mars.

A Mediapart, Geneviève Legay explique également que des enquêteurs, présents dans sa chambre d’hôpital le lendemain de sa chute, « ont surtout insisté pour me faire dire que c’était un journaliste qui m’avait poussée ». « Or, c’est faux. Je me rappelle avoir été poussée par un policier et je le leur ai dit », rappelle la septuagénaire. Son avocat, Me Arié Alimi a déposé plainte pour « violence volontaire en réunion avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique » et pour « subornation de témoin ».

La militante est aussi revenue sur les déclarations d’Emmanuel Macron l’appelant à « une certaines forme de sagesse ». « Je pense qu’avant de donner des leçons aux autres, il ferait mieux de regarder ce qu’il fait lui. Lui qui laisse perdurer un mouvement et des violences depuis vingt semaines », a-t-elle réagi au micro de France Bleu Azur.

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