Lyon : « Il y avait une volonté de tuer », les pompiers dans la rue après les violences à Rillieux-la-Pape

Le 7 octobre 2020, lors d’un rassemblement de pompiers à Lyon contre les agressions qu’ils subissent en intervention après les violences survenues à Rillieux-la-Pape. — E. Frisullo / 20 Minutes

  • Après les violences qui ont eu lieu le week-end passé à Rillieux-la-Pape, près de Lyon, les pompiers se sont rassemblés ce mercredi pour dénoncer leur insécurité en intervention.
  • Ce soir-là, ils ont été caillassés à coups de boules de pétanque alors qu’ils intervenaient pour éteindre des véhicules en feu, incendiés par des hommes cagoulés en fuite.
  • Les pompiers dénoncent «une volonté de tuer».

« Un cap a été franchi. On n’avait jamais vu ça jusqu’alors ». Trois jours après les violences qui ont eu lieu à Rillieux-la-Pape, au nord de Lyon, dans la nuit de samedi à dimanche, les pompiers du Rhône se sont rassemblés ce mercredi pour dénoncer une « situation grave et inacceptable » pour leur sécurité. Réunis devant le Service départemental d’incendie et de secours de la rue Pierre-Corneille (6e), ils ont ensuite rallié dans le calme la préfecture toute proche pour y déposer « symboliquement » leurs casques.

« De l’insécurité en intervention, cela fait longtemps que nous en ressentons, mais un tel déferlement de violence, c’est une première », témoigne l’adjudant Christophe Sarzier qui était présent à Rillieux samedi soir. Comme ses collègues, intervenus ce soir-là pour éteindre des voitures incendiées, dont un véhicule en flamme projeté sur une église, ce pompier dénonce un véritable « guet-apens ».

Des boules de pétanque jetées sur eux

« Quand des gens cagoulés mettent des véhicules pour bloquer la chaussée et mieux nous caillasser avec des boules de pétanque ou des cailloux de la taille d’un melon, c’est qu’il y a une volonté de tuer. L’une des boules est tombée à 50 cm de ma tête et sur le camion », ajoute-t-il, conscient que l’agression aurait pu mal tourner pour lui et les siens.

Dans le cortège des 250 pompiers mobilisés, tous dénoncent une aggravation de la situation dans certains quartiers sensibles. « Aujourd’hui, sauf en cas de péril imminent, on est obligé de se replier, de fuir, jusqu’à l’arrivée de la police pour sécuriser notre intervention », confie un pompier de Corneille. « Les pompiers sont là pour sauver des gens et éteindre des feux. Mais on n’a pas signé pour se faire caillasser », ajoute l’adjudant Sarzier.

Les sapeurs-pompiers du Rhône, dont un a également été blessé dimanche matin à la hachette dans le 7e arrondissement, ont rencontré lundi soir l’un des membres du cabinet du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, venu à Rillieux. Et ils ont aussi été reçus mardi soir à la préfecture du Rhône. Ils ont notamment réclamé des renforts de pompiers et de policiers, en sous-effectifs selon eux, sur la métropole. « Le ministre de l’Intérieur Gérard Darmanin nous a promis des policiers supplémentaires, mais sans nous dire combien, ni à quelle échéance », regrette Marc Darcissac.

« Des peines exemplaires réclamées »

Ils demandent également la poursuite de l’expérimentation des caméras piétons, testées depuis quelques mois et déclenchées lors des interventions compliquées, et leur extension sur les véhicules. « Cela permet quand même de dissuader les délinquants et nous permet, en cas de poursuites, d’apporter des éléments de preuve », ajoute un pompier, soucieux que la réponse pénale soit « exemplaire ».

« Il faut des peines exemplaires quand on s’attaque à un pompier ou un policier pour que, enfin, ça s’arrête et qu’on puisse travailler en sécurité », ajoute Rémy Chabbouh, pompier à Lyon, rappelant que dans la métropole, « l’un des leurs se fait agresser tous les deux-trois jours ».

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