Lyon : Daeny Dutyphon, la marraine du cosplay qui va ensorceler Yggdrasil

« Quand je m’habille en Louis XIV, je suis Louis XIV. Dans le cosplay, le rôle-play est tout aussi important que le costume ! » Ambre Gestin montre la veste du Roi-Soleil avec laquelle elle a remporté la sélection rhônalpine pour la Coupe de France de cosplay, en 2019. A voir la finesse des broderies et des finitions, on a du mal à croire qu’Ambre Gestin n’avait que trois ans de pratique de cosplay derrière elle. Et encore moins d’expérience en couture…

« Ma passion s’est révélée relativement tard, puisque j’ai commencé à 39 ans, et je vais en avoir 45 », s’amuse-t-elle. « Cet univers m’intéressait depuis longtemps, mais ce qui m’a fait sauter le pas, c’est ma passion pour Game of Thrones ! J’avais envie d’incarner Daenerys, et mon nom de cosplayeuse, Daeny Dutyphon, est d’ailleurs dérivé du sien. C’est ce qui m’a décidée, sans m’occuper du regard des autres, et j’ai appris sur le tas, toute seule. »

Perdre des concours, c’est le plus formateur

Sa nature avenante et son talent lui ont ouvert des sympathies dans le milieu très codifié du cosplay, où la compétition peut être féroce. Très vite, elle a participé à beaucoup de concours… et en a perdu beaucoup. Là aussi, elle en rit : « C’est perdre qui est formateur ! J’ai appris comme ça, je me suis améliorée comme ça. » Entre le « cosplay loisir », où l’on peut acheter le costume de son personnage préféré pour l’incarner, et le « cosplay concours » où il faut avoir fabriqué son costume soi-même, c’est dans ce dernier que sa créativité et son goût de la scène se sont épanouis. Ce qui demande un investissement important : « Mon plus gros costume, c’était pour la finale de la Coupe de France, l’impératrice de Chine qui m’a demandé 600 heures de travail. »

Daeny Dutyphon en Louis XIV, son premier succès de cosplayeuse.
Daeny Dutyphon en Louis XIV, son premier succès de cosplayeuse. – J.L. / 20 MINUTES

Avec le temps, Daeny Dutyphon s’est détachée du cosplay pur et dur : « J’ai eu envie de casser un peu les carcans et de me faire plaisir, de me faire confiance. Je fais donc de plus en plus d’interprétations, de création ». Elle se consacre aux OC, « Original Characters, où on incarne un personnage qu’on a imaginé, tiré d’un univers particulier ». Au festival Yggdrasil, où elle sera la marraine des costumés, un concours départagera les meilleurs OC. « Il y a différents mondes à Yggdrasil : médiéval, steampunk, futuriste, Star Wars ou Harry Potter… On peut donc présenter un costume issu de ces mondes-là, mais ce ne sera pas un cosplay puisqu’il n’y aura pas d’image de référence. » Ce que les jurés vont regarder, « c’est l’épaisseur qu’ils ont donnée à leur personnage. Des costumes pourront être un peu moins techniques que d’autres, mais où chaque détail aura une histoire. Et la passion, ça reste le critère principal ! »

La marraine sera elle-même costumée en Jeanne de Belleville, la première femme corsaire de France, et en « une interprétation d’Ursula, la sorcière de la Petite Sirène, mais version glamour rétro Hollywood, avec une robe sirène toute en écailles ! » Son rôle de marraine, elle le voit comme « un accompagnement bienveillant, pour donner le petit coup de pouce aux gens qui aimeraient bien se lancer, mais qui n’osent pas ». Histoire de montrer que « si une quadra qui n’y connaissait rien prend un immense plaisir à partager ça », il n’est jamais trop tard pour devenir roi, sorcière ou corsaire.