Lyon : Braquage d’une bijouterie au Luxembourg, fusillade et prise d’otage… Neuf accusés jugés dès lundi aux assises

Le 20 mars 2018, ils avaient fait irruption, pistolet et hache au poing, dans une bijouterie du Luxembourg. Vêtus de masques de vieillards pour dissimuler leurs visages, coiffés d’une casquette et d’un chapeau noir, deux braqueurs avaient terrorisé et brutalisé le personnel avant de dérober 87 montres d’une valeur estimée à deux millions. Deux autres étaient postés non loin. Leur cavale s’était soldée dans le département du Rhône après une incroyable course-poursuite digne d’un film, et une prise d’otage d’une famille, chez laquelle ils s’étaient introduits de nuit.

A partir de ce lundi, neuf accusés comparaissent devant la cour d’assises du Rhône à Lyon. Les quatre braqueurs présumés mais aussi cinq autres personnes, dont deux femmes, soupçonnés d’être impliqués dans le casse ou sa préparation. Le procès doit durer jusqu’au 30 septembre.

Fusillade et prise d’otage

La bande était étroitement surveillée par les policiers lyonnais qui avaient été informés d’un gros coup à venir. Ils tentent de les intercepter le lendemain, à 2 heures au péage de Limas, vers Villefranche-sur-Saône. C’est sans compte sur la hargne des braqueurs, répartis dans deux véhicules. Une Volvo qui ouvre le chemin et une BMW qui suit.

La première voiture est arrêtée mais la seconde fonce sur la barrière de péage pour sortir de l’autoroute et s’échapper à travers les petits chemins. Les choses se corsent. Vitres et portières ouvertes, kalachnikov à la main, le passager mitraille le véhicule des agents qui échappent aux balles à coups de zigzags.

Acculé, le duo se dirige vers Arnas et escalade au hasard le mur d’une maison, où dorment ses occupants, un couple et leurs quatre enfants. La famille est prise en otage tandis que les policiers cernent la demeure. Vers 3h30, les agents font irruption dans la maison et interpellent les malfrats dont l’un s’était réfugié sous le lit d’un enfant.

Figure du grand banditisme

Parmi les accusés figurent Faress Mahmoudi et Brice Zerrouki, les deux occupants de la BMW. Le second s’était évadé de la prison de la Talaudière, en avril 2018, soit trois semaines après le braquage au Luxembourg. Arrêté une demi-heure plus tard, il avait tenté de soudoyer les policiers pour éviter de retourner derrière les barreaux.

Figure du grand banditisme, il compte une trentaine de condamnations. En 2012, il avait notamment écopé d’une peine de neuf ans de prison pour le braquage de l’Easy Cash de Caluire. Deux ans plus tard, il a été condamné à sept ans ferme pour un vol à main armée.