Lyon Asvel Féminin : «Quand j’ai trois jours off, ce sont de véritables vacances pour moi», sourit Alysha Clark

Alysha Clark a été la meilleure marqueuse lyonnaise durant la saison régulière avec 13 points de moyenne. — Infinity Nine Media/Claire Porcher

  • En cas de succès ce mardi (20h45) à Montpellier, Lyon Asvel Féminin, qui mène 2-0 dans cette finale, remportera son premier titre de champion de France.
  • 20 Minutes a rencontré lundi la meilleure scoreuse lyonnaise de la saison, l’ailière américaine Alysha Clark.
  • La joueuse de 31 ans décrit notamment sa double vie depuis 2012, entre la WNBA de mai à septembre et de nombreuses aventures européennes le reste de l’année.

Alysha Clark n’est plus qu’à un succès d’une saison 2018-2019 parfaite. Sacrée avec Seattle pour la première fois de sa carrière en WNBA en septembre, l’ailière de Lyon Asvel Féminin pourrait en faire de même dans le championnat de France dès ce mardi (20h45) à Montpellier. Déterminante lors des deux nettes victoires des Lionnes la semaine passée, Alysha Clark (31 ans) décrit à 20 Minutes sa carrière intense, sans véritables vacances depuis sept ans.

Quelle est votre recette pour avoir obtenu des titres de championne quasiment partout, en Israël, en Pologne et surtout en WNBA l’an dernier ?

Je pense vraiment que j’ai ça en moi. Quel que soit le domaine, j’ai toujours voulu gagner partout. Et puis je n’ai commencé le basket, qu’à 15 ans. J’étais alors tellement loin du niveau de toutes les autres filles que ça a forgé encore davantage mon esprit de compétitrice. Il faut être prête à tout pour l’emporter. Tant qu’à la fin du match, je suis celle qui gagne, ça ne me dérange pas de me sacrifier pour l’équipe, de plonger pour récupérer un ballon perdu ou d’être celle que l’adversaire déteste affronter.

On a l’impression qu’en peu de temps, vous vous êtes imposée comme une véritable guide dans cette équipe de Lyon Asvel…

Disons que j’ai un don pour me rendre compte de chaque période dans laquelle l’équipe adverse est fatiguée ou qu’elle doute. C’est là que j’aime rassembler mes coéquipières pour leur signaler : « OK c’est notre moment ». C’est une des raisons pouvant expliquer pourquoi je gagne souvent.

Alysha Clark célèbre avec les supporters lyonnais un succès durant la finale du championnat de France contre Montpellier. Alysha Clark célèbre avec les supporters lyonnais un succès durant la finale du championnat de France contre Montpellier. – Infinity Nine Media/Claire Porcher

Avez-vous transmis vos astuces pour conduire cette équipe au sacre durant ces play-offs ?

Je n’ai pas de conseils à donner pour remporter un titre. Il faut bien plus qu’un esprit conquérant. Il faut du temps et du travail pour créer une alchimie. Et ça, toutes les joueuses de l’équipe le savent. A Seattle, c’était un long processus pour arriver à développer de la confiance, de la complicité et de la dureté. J’ai eu une chance folle de côtoyer de nombreuses joueuses avec le même état d’esprit que moi.

Avez-vous perçu ce premier titre en WNBA comme une véritable consécration ?

Oui, ça a été un moment incroyable. Au début de ma carrière, je ne savais même pas si je pourrais un jour intégrer un effectif de WNBA. Je n’aurais donc jamais osé rêver remporter ce titre. Chaque saison, quel que soit le championnat, j’ai en tête de viser le titre. En venant à Lyon, je voulais par exemple intégrer une équipe [devenue Lyon Asvel en juin 2017] souhaitant être le nouveau visage du championnat de France.

WNBA puis Israël, Turquie, Pologne et maintenant France, comment tenez-vous le rythme de ces doubles saisons enchaînées depuis 2012 ?

C’est le lot de beaucoup de joueuses. Si mon corps tient bien le coup, je pense que c’est parce que j’ai commencé très tard le basket. J’ai aussi une coach perso qui planifie mes journées. Je fais très attention à mon alimentation et je fais tout ce qu’il faut pour que mon corps récupère bien. Le coach et le staff gèrent bien ma fatigue aussi en accordant des jours off. Ça m’aide beaucoup et ce n’est pas commun en Europe. Beaucoup de clubs ne parlent que de travail tout le temps mais la récupération a été un facteur clé dans notre parcours jusqu’en finale. Quand j’ai trois jours off, ce sont de véritables vacances pour moi (rire). Et encore, j’ai arrêté la sélection israélienne l’an dernier après trois saisons. C’était une expérience inoubliable mais c’était dur de tout allier.

Pourrez-vous vous reposer un peu si jamais cette finale contre Montpellier se poursuit jusqu’au cinquième match [le 23 mai] ?

Oh non (sourire) ! Notre première rencontre en WNBA sera le 25 mai, avec une cérémonie à Seattle célébrant notre titre 2018 donc je ne manquerai pas ça. J’ai beaucoup de raisons d’être motivée à conclure la série 3-0 mardi. Je sais que ça ne sera pas facile mais ça me permettrait donc de gagner un peu de vacances avant de reprendre en WNBA.

Comment vivez -vous cette double vie, entre stabilité à Seattle depuis 2012 et de nombreuses aventures en Europe ?

Je suis vraiment heureuse de ce mode de vie. C’est clairement une bénédiction pour moi d’avoir un club durant toute ma carrière aux Etats-Unis [de mai à septembre], d’avoir pu construire mon chez-moi à Seattle. Revenir à Lyon dans quelques mois me donne la sensation d’être chez moi aussi. Je n’aurai pas besoin de faire connaissance une fois encore avec des nouvelles coéquipières et un nouveau coach.

Avant cela, il reste une finale à conclure à Montpellier. Le fait de quitter votre salle de Mado Bonnet peut-il vraiment inverser les dynamiques dans cette série ?

Nos adversaires sont désormais dos au mur. Et quand on est dans cette situation, on se sublime souvent. Ça ne va pas être facile de jouer chez elles car elles vont retrouver de l’énergie en se nourrissant du soutien de leur public. A nous de bien comprendre que ça va être dur. Je pense que notre équipe est faite pour affronter cette épreuve avec le bon état d’esprit. Rien n’est fait. Si on se relâche un instant, on va se retrouver dans un cinquième match face à l’une des meilleures équipes du championnat.

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