Lycéens interpellées à Mantes-la-Jolie: Le dossier dépaysé à Nanterre

153 personnes, en majorité des lycéens, ont été arrêté à Mantes-la-Jolie, le 6 décembre 2018 après des heurts avec la police. — CAPTURE VIDEO

Genoux au sol, mains sur la tête… La vidéo de ces lycéens de Mantes-la-Jolie (Yvelines) interpellés en décembre a fait le tour des réseaux sociaux et provoqué un tollé. La plainte pour violences policières déposée dans la foulée à Versailles par le syndicat lycéen UNL après l’arrestation de ces 151 adolescents, a été dépaysée à Nanterre, a indiqué à l’AFP ce mardi l’avocat du syndicat, qui en avait fait la demande. Dans un courrier du 29 janvier dont l’AFP a obtenu copie, le parquet général de Versailles informe de la transmission de la plainte de l’UNL au parquet de Nanterre « aux fins de poursuite de l’action publique ».

« Nous sommes heureux pour les lycéens et les familles de Mantes-la-Jolie que le dépaysement ait été accordé », s’est réjoui Me Arié Alimi. « Il est amplement justifié par l’implication éventuelle du ministère public et du préfet des Yvelines dans les faits extrêmement graves et choquants commis sur ces mineurs. On espère maintenant que l’enquête avancera plus vite », a-t-il poursuivi.

Enquête administrative en cours

C’est en marge d’une mobilisation nationale des lycéens le 6 décembre que 151 jeunes âgés de 12 à 21 ans avaient été interpellés près du lycée Saint-Exupéry après des incidents. A ce jour, une vingtaine de plaintes notamment pour « actes de torture et de barbarie » et « diffusion illégale » de vidéo de personnes entravées ont été déposées par les familles des jeunes interpellés et une dizaine d’autres devraient l’être encore, selon Me Alimi. Pour l’avocat, « il est plus que probable que toutes les plaintes des familles déposées à Versailles soient dans la foulée dépaysées à Nanterre ».

La procureure de la République de Nanterre Catherine Denis a indiqué à l’AFP n’avoir à ce jour « reçu qu’une partie des plaintes » des familles. Ces plaintes, a précisé la magistrate, restent donc à « enregistrer avant un départ en enquête » qui « n’est donc pas encore ouverte », contrairement à ce qu’avait indiqué plus tôt une source policière.

Tout en défendant la régularité des interpellations, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait annoncé peu après les faits qu’une « procédure » serait lancée pour évaluer l’action des forces de l’ordre et identifier l’auteur de la vidéo controversée. Une enquête administrative est en cours, a confirmé ce mardi une source policière. Le Défenseur des droits a également annoncé l’ouverture d’une enquête le 7 décembre sur les conditions de ces interpellations.