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« Lucky Luke » : Étude de la série et de ses acteurs

La série de Thomas Mansuy et Mathieu Leblanc, disponible sur Disney+, présente un nouveau Lucky Luke qui a perdu de sa dextérité, mais qui est entouré d’une jeune fille incarnée par Billie Blain et d’une aventurière jouée par Alice Taglioni. Le personnage de Joe Dalton est moins énervé et Billy The Kid a maintenant l’âge d’être un amoureux bafoué, illustrant une relecture toute nouvelle de la saga.


C’est un tout nouveau Lucky Luke que propose la série de Thomas Mansuy et Mathieu Leblanc, disponible sur Disney+. Le cow-boy solitaire créé par René Goscinny et Morris a évolué depuis les albums. Il n’est pas tombé dans l’alcoolisme, mais « l’homme qui tire plus vite que son ombre » a perdu de sa dextérité. Deux nouvelles personnages, une jeune fille pleine de répartie interprétée par Billie Blain et une aventurière séduisante jouée par Alice Taglioni, vont l’aider à retrouver son dynamisme. Ces nouvelles figures se joignent à des icônes de la BD telles que Calamity Jane (Camille Chamoux), Joe Dalton (Jérôme Niel) et Billy The Kid (Victor Le Blond).

« Je n’ai accepté que parce que ce n’est pas une adaptation fidèle des albums », explique Alban Lenoir, très à l’aise dans le rôle-titre. « C’était super, c’était grisant, terrorisant, challengeant, mais tourner avec Benjamin Rocher est toujours un plaisir. Savoir qu’on va être en symbiose artistique est un vrai plus. » Le réalisateur de la saga *Antigang* a rendu les personnages plus mûrs en déviant des BD. « Ce qui m’a intéressé, c’est vraiment de prendre tout à contre-pied dès le premier épisode, de sortir ce petit cow-boy solitaire et taciturne de sa zone de confort », insiste Alban Lenoir.

L’entourage de Lucky Luke joue un rôle central dans la série. « Ce qui change énormément, c’est que Lucky Luke n’est plus aussi seul », souligne Alice Taglioni. « On le considérait comme un cow-boy solitaire, mais il va devoir apprendre à s’ouvrir au monde. » La jeune Louise bouleverse sa vie en lui demandant de l’aider à retrouver sa mère disparue. « Cette gamine nous remet tous à notre place », explique Camille Chamoux. « Louise est hyperintègre dans un univers complètement corrompu et hypersensible là où personne ne montre ses émotions. » Billie Blain, fraîche et brillante dans ce rôle, avoue avoir été intimidée. « Il fallait que je sois à la hauteur, se souvient-elle. Je devais trouver ma place avec ce nouveau personnage sans empiéter sur celle des autres tout en m’adaptant à cet univers. »

La femme mystérieuse incarnée par Alice Taglioni a aussi été intégrée dans cette nouvelle version. « La place des personnages féminins a été amplifiée dans la série, ce qui permet des développements originaux », précise-t-elle. Il est évident que cette version de Lucky Luke prend des libertés avec l’oeuvre originale, tout en rendant hommage aux grands westerns italiens. L’équipe a d’ailleurs tourné en Espagne, sur les légendaires décors de Sergio Leone, apportant une nouvelle dimension visuelle aux aventures.

Lucky ne serait pas Luke sans certains personnages incontournables, mais ces silhouettes familières ont elles aussi évolué. Joe Dalton est moins irritable et Billy The Kid a maintenant l’âge d’être un amoureux déçu. « Il n’y avait presque pas besoin d’aller chercher ailleurs que dans le scénario, parce que c’est une relecture entièrement nouvelle », précise Victor Le Blond. « Je n’avais qu’à me laisser porter par les mots et les directions de Benjamin. » On est loin du jeune garçon que Lucky Luke faisait asseoir sur ses genoux dans les BD.

« Finalement, jouer aux cow-boys correspond au rêve d’enfant de beaucoup d’acteurs », déclare Jérôme Niel. « Dans la vraie vie, j’étais plus à l’aise à cheval qu’avec un pistolet. Je préfère faire semblant. » Il apporte une dimension tendre à son interprétation de Joe Dalton, captivant par sa capacité à être à la fois familier et radicalement différent.

Tous les acteurs ont suivi un entraînement pour apparaître crédibles dans cet univers sauvage. C’est Billie Blain qui a su le mieux tirer parti de son inexpérience. « Comme Louise ne vient pas du Far West mais de la ville, elle découvre tout, et j’ai intégré ma méconnaissance des armes et des chevaux à mon personnage », explique-t-elle. La comédienne fait preuve de modestie, car sa performance, tout comme celle des autres, est réussie. *Lucky Luke* a ainsi bénéficié d’un accueil triomphal lors de sa projection au Festival Séries Mania de Lille.

« On s’était fait critiquer pour des détails lorsque nous avons publié la première photo il y a quelques mois », reconnaît Alban Lenoir. « Mais maintenant, même des passionnés de la BD nous ont félicités. » Il est conseillé de dégainer votre télécommande pour découvrir cette adaptation à la fois novatrice et respectueuse (la série est dédiée à Goscinny et à Morris) d’un univers intemporel. Quand la deuxième saison est-elle prévue ?