Loire-Atlantique : Sursis pour le PDG de Castel Viandes après la revente de marchandise avariée

Le PDG du groupe Castel Viandes, société spécialisée dans l’abattage et la découpe, a été condamné jeudi à six mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Nantes. Condamné pour « tromperie sur la qualité d’une marchandise » et « mise sur le marché de produits d’origine animale préjudiciables à la santé », Joseph Viol a par ailleurs été relaxé d’« entrave » à des contrôles sanitaires. La société, basée à Châteaubriant (Loire-Atlantique), a été condamnée à une amende de 40.000 euros pour les mêmes chefs de prévention. Deux autres cadres ont été relaxés.

« Par cette décision, le tribunal acte le fait qu’il n’y a eu aucune victime, sinon les peines auraient été beaucoup plus lourdes. Et la relaxe de deux salariés symbolise le fait qu’il n’y a eu ni manipulation, ni organisation », a réagi devant la presse l’avocat de Castel Viandes et de son PDG, Me Benoît Chabert.

Un ex-salarié donne l’alerte

Les faits examinés par le tribunal dataient de 2010 à 2013. L’information judiciaire avait été ouverte juste après, quand le scandale a éclaté, à la suite d’accusations portées par un ex-salarié, Pierre Hinard, licencié cinq ans plus tôt. Ce dernier affirmait que le groupe pratiquait à l’époque la « remballe », recyclage de viande avariée issue d’invendus. Plusieurs clients avaient été trompés, tels Auchan, Flunch, ou Système U.

Soutenant que cet ancien salarié n’avait porté ses accusations que par « vengeance personnelle » à la suite de son licenciement, les avocats des trois cadres avaient rejeté en bloc l’ensemble des chefs de prévention, assurant qu’aucun « risque sanitaire » n’avait jamais été encouru par les consommateurs.