Loire-Atlantique : Prison ferme pour deux dockers qui importaient de la cocaïne par bateau

Le parquet avait requis jusqu’à 12 ans d’emprisonnement. Deux dockers et un intermédiaire ont été condamnés à sept et huit ans de prison ferme vendredi soir par le tribunal correctionnel de Rennes pour l’importation de cocaïne depuis les Antilles vers le port de Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire ( Loire-Atlantique​). Ancien boxeur, Thierry Lorcy, 56 ans, alias « Youyou », a été condamné à sept ans de prison et à une interdiction d’exercer la profession de docker.

« Mon client est satisfait », a réagi son avocat Me Fabrice Petit, en précisant qu’il ne comptait pas faire appel. Déjà détenu depuis janvier 2019 dans une autre affaire, M. Lorcy a été décrit à l’audience comme un « chef de meute », « prêt à en découdre », barre de fer à la main face aux douaniers. Déjà condamné huit fois pour association de malfaiteurs, violences conjugales ou blanchiment aggravé, il est accusé d’avoir mis en place un système d’importation de cocaïne, fondé sur l’intimidation et les menaces, avec l’aide de son fils Damien. Ce dernier a été condamné lors d’un premier procès en octobre à sept ans de prison ferme.

Un intermédiaire aussi condamné

Un autre docker de 41 ans, Anthony Martin, alias « Tintin », a lui été condamné à sept ans de prison et une interdiction d’exercer la profession de docker, conformément aux réquisitions. Il avait reconnu avoir participé à la réception de 140 kilos de drogue pour aider Damien Lorcy. Présentant son client comme « un homme qui a l’évidence s’est laissé corrompre », l’avocat Franck Boezec avait souligné qu’il n’était « pas un ouvreur de porte, un organisateur ».

Soupçonné d’être un intermédiaire, le troisième prévenu, Stefano Carassalini, 32 ans, dont les enquêteurs ont révélé le train de vie luxueux, a lui été condamné à huit ans de prison, conformément aux réquisitions. « Cette décision ne reflète pas la réalité du dossier », a réagi son avocat Morgan Loret, en estimant qu’il n’y avait « pas d’éléments » contre son client. Il envisage de faire appel.

La cocaïne était importée par la technique du « rip-off », qui consiste à récupérer la drogue placée dans un conteneur à l’ouverture des portes en profitant d’une expédition légale entre deux entreprises, soit à leur insu soit avec leur complicité. Les dockers récupéraient ensuite la cocaïne le plus rapidement possible, en replaçant un plomb contrefait sur le conteneur qui avait été ouvert.

Le tribunal a également prononcé la confiscation des biens saisis et a condamné les prévenus à une amende douanière de huit millions d’euros, à payer solidairement avec huit autres prévenus condamnés en octobre.

Un total de 336 kg de cocaïne

L’enquête avait commencé en mai 2017 après la saisie dans le port de Santos (Brésil) de 690 kg de cocaïne dans un conteneur frigorifique à destination de Montoir-de-Bretagne. Une information judiciaire avait été ouverte en novembre 2017. Au total, 336 kilogrammes de cocaïne ont été saisis dans le port de Montoir, entre juin 2017 et avril 2020, dans quatre importations impliquant des dockers et représentant plus de 16 millions d’euros à la revente, selon le parquet.

La cocaïne, en provenance d’Amérique latine, transitait par la Guadeloupe et la Martinique et était destinée à la région parisienne.