Loire-Atlantique : Peut-on éviter la montée en flèche des dégâts causés par les sangliers ?

« Ils retournent nos terrains pour chercher de la nourriture ! » « Nos cultures sont entièrement détruites à leur passage… » Régulièrement, aux quatre coins du département de Loire-Atlantique, des agriculteurs font part de leur désarroi après les ravages commis par des sangliers dans leurs champs. Un fléau bien connu et qui ne fait qu’augmenter d’années et années, et ce de façon spectaculaire. « Par rapport à l’an dernier, on est sur une hausse de 35 % de dégâts, calcule Denis Dabo, le directeur de la fédération des chasseurs de Loire-Atlantique. Le secteur Nord-Loire est le plus concerné, notamment autour de Guérande ou de Notre-Dame-des-Landes qui est une zone qui n’a pas été chassée pendant longtemps. On voit aussi le phénomène apparaître dans des zones plus ouvertes, plus céréalières. »

Si le diagnostic est aussi précis, c’est que la fédération des chasseurs doit indemniser les agriculteurs sinistrés, depuis qu’une loi des années 1970 a interdit ces derniers de tuer eux-mêmes le grand gibier qui viendrait commettre des dégâts sur leur exploitation. Et cette année, la somme a atteint des records : 417.000 euros. « On dédommage des exploitations maraîchères avec des plans de mâche piétinés, des vergers aussi. Mais ce qui coûte le plus cher, c’est le maïs !, poursuit Denis Dabo. Il faut dire que les sangliers y trouvent gîte et couvert. Ils en raffolent et y sont à l’abri, comme dans une forêt. »

Une nouvelle méthode de piégeage

Si aucune méthode de comptage des sangliers existe, la population serait bel et bien en forte augmentation, favorisée par des hivers moins rigoureux, une absence de prédateurs et un important taux de reproduction. En face, le nombre de battues a, lui aussi, progressé (tout comme le nombre de sangliers tués, passant en quelques années de 3.500 unités en moyenne à 7.000). Des opérations également motivées par « l’augmentation des collisions routières et ferroviaires et des plaintes » qui ont amené la préfecture à classer le sanglier parmi les « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts pour la saison » et à avancer l’ouverture de la chasse, dès le 1er juin.

La fédération, qui rappelle que la méthode décriée de l’agrainage (attirer les sangliers par de la nourriture dans des espaces boisés dans le but de les éloigner des cultures) est interdite dans le département, mise cette année sur deux nouveautés pour tenter d’enrayer la courbe. « Nous avons mis en place une nouvelle méthode de piégeage, indique Denis Dabo. Une vingtaine de cages ont été posées dans des zones plus urbaines, ou le long de voies ferrées, là où les battues sont impossibles. Une centaine de personnes ont été formées pour la mise à mort rapide et efficace de l’animal, que l’on capture vivant. »

La fédération rapporte également avoir embauché pour trois ans un animateur « plan maîtrise sanglier ». Il aura notamment pour mission de prendre contact avec les propriétaires de zones aujourd’hui non traitées, mais identifiées comme refuges.