Loi « séparatisme » : Erdogan voit le texte comme un « coup de guillotine infligé à la démocratie française »

Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, lors d’un discours à Ankara, le 8 mai 2021 (illustration). — /AP/SIPA

Le président turc s’attaque une nouvelle fois à la politique française. Recep Tayyip Erdogan a qualifié mercredi soir le projet de loi contre le « séparatisme » en France de « coup de guillotine infligé à la démocratie française ». Ces déclarations viennent alors que députés et sénateurs réunis mercredi en commission mixte ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur le texte.

L’adoption de cette loi « est ouvertement en contradiction avec les droits de l’homme, la liberté de religion et les valeurs européennes », a affirmé le chef de l’Etat turc lors d’un discours à Ankara. Estimant que la version actuelle du texte « servirait l’extrémisme », Recep Tayyip Erdogan lui a aussi reproché de « mettre les ONG sous pression » et de « forcer les jeunes à choisir entre leurs croyances et leur éducation ».

L’antiterrorisme comme monnaie d’échange

« Il est évident qu’un tel projet de loi provoquera des troubles au sein de la communauté turque et des millions de musulmans. (…) Nous appelons les autorités françaises, en premier lieu le président Macron​, à agir avec bon sens. Nous attendons un retrait au plus vite de ce projet de loi », a-t-il annoncé. Le président turc a aussi déclaré que la Turquie était prête à « travailler avec la France » dans les domaines de la lutte antiterroriste et de « l’intégration ».

Cette ingérence dans les affaires françaises n’est pas une première. L’adoption en janvier dernier par le Conseil français du culte musulman de la « Charte des principes de l’islam de France » avait déjà suscité l’ire du président turc, le poussant à accuser son homologue français d’être contre les musulmans. En octobre dernier, Recep Tayyip Erdogan avait en outre mis en cause la « santé mentale » d’Emmanuel Macron, l’accusant de mener une « campagne de haine » contre l’islam, parce qu’il avait défendu le droit de caricaturer le prophète Mahomet et pour son discours contre le « séparatisme » islamiste en France.

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