Loi « sécurité globale » : 34.000 manifestants en France selon la police, 200.000 selon les organisateurs

Des manifestants dans les rues de Paris, le 16 janvier 2021. — Christophe Ena/AP/SIPA

Les manifestations de ce samedi contre la proposition de loi « sécurité globale » ont rassemblé 34.000 personnes en France selon la police, et 200.000 selon les organisateurs, ont indiqué le ministère de l’Intérieur et le syndicat SNJ-CGT. Le ministère a fait par ailleurs état de 24 interpellations à Paris, tandis que la préfecture du Rhône en a annoncé sept à Lyon, et celle de Loire-Atlantique trois à Nantes.

Dans la capitale, un cortège de quelques milliers de personnes a défilé sous une pluie neigeuse en direction de la place de la Bastille, derrière une banderole réclamant le retrait de ce texte, scandant « police partout justice nulle part » et « état d’urgence, Etat policier, on nous empêchera pas de manifester ! » Les forces de l’ordre sont intervenues pour empêcher « la tenue d’une rave party à proximité de la manifestation » à Paris, a écrit le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur Twitter.

Selon la préfecture de police, des organisateurs ont été verbalisés et se sont vu confisquer du matériel sono. Dans plusieurs villes, les « teufeurs » de la mouvance des « free parties » ont en effet décidé de rejoindre le mouvement « pour le droit à la culture » et contre la « répression disproportionnée » lancée après la rave de Lieuron (Ille-et-Vilaine) qui a réuni 2.400 personnes au Nouvel an.

Plusieurs interpellations à Nantes

Ils étaient nombreux notamment au départ de la manifestation de Nantes derrière des banderoles comme « nous sommes tous des organisateurs de raves » ou « L’Etat assassine : vies, cultures, libertés ». La police a fait état de trois interpellations après des « jets d’artifice et de bouteilles en verre sur les policiers ». A Strasbourg de nombreux « teufeurs » faisaient partie d’un cortège de plus de 500 personnes.

A Lille aussi le défilé avait un air de technoparade, sous une neige tombant dru. Dans le cortège, Lucile Fremaux, surveillante en lycée, juge qu’« avec l’environnement qui est hyper anxiogène et les lois que nous sort le gouvernement, ça devient invivable ». Timothée Carpentier, éducateur, se plaint qu’il y ait « un contrôle de plus en plus accru des gens, pas seulement des délinquants, tout le monde peut être fiché ».

« Je manifeste contre ce régime qui se montre de plus en plus radical. C’est une drôle de dictature, on se demande où on va avec cette loi de sécurité… Si c’est ça le pays des droits de l’Homme et de la liberté j’ai honte d’être Français ! », rapporte de son côté François, gilet jaune sur le dos, dans la manifestation parisienne.

Près de 80 rassemblements « pour le droit à l’information, contre les violences policières, pour la liberté​ de manifester et contre la surveillance de masse » ont eu lieu dans le pays.

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