Loi contre les fake news : Signalement, modération, algorithmes… Le CSA souhaite davantage de transparence des réseaux sociaux

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) vient de dévoiler un tout premier bilan de l’application de la loi contre la manipulation de l’information, appelée « loi fake news » — ALLILI MOURAD/SIPA

C’est un rapport inédit qui était très attendu. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) vient de dévoiler un tout premier bilan de l’application de la « loi contre la manipulation de l’information », appelée « loi fake news ». Dans un rapport de 87 pages, le gendarme de l’audiovisuel estime que les réseaux sociaux et plateformes en ligne – Google, Facebook, Snapchat, Twitter, LinkedIn, Microsoft, JeuxVideo.com, Dailymotion, Doctissimo ou encore Wikipedia – ont pris de bonnes mesures contre les infox, mais doivent être plus transparents et efficaces.

Le CSA constate « d’une manière générale » que « les opérateurs se sont saisis de l’enjeu de la lutte contre la diffusion de fausses informations, en suivant plusieurs de ses recommandations ». Néanmoins, « ces mesures doivent encore être approfondies ». Tous les opérateurs ont mis en place des dispositifs de signalement des infox mais ces dispositifs pourraient être simplifiés, et les utilisateurs restent peu informés sur les suites de la procédure.

Plus de transparence sur les signalements et la modération

Les opérateurs n’ont pas donné assez d’informations concernant le traitement de ces signalements et les « moyens humains » qu’ils y consacrent, empêchant « d’apprécier pleinement la portée des moyens mis en œuvre pour répondre aux objectifs de la loi ». « Les informations fournies sont, sur certains points, évasives (à quelques exceptions près comme Facebook) », constate le CSA.

« Pour justifier ce choix, certains font valoir la nécessité de protéger les équipes de modération. Si la taille des effectifs est un élément plutôt renseigné par les opérateurs, des éléments précis n’ont pas toujours été donnés sur la formation des modérateurs et l’organisation du travail. Or, ces informations garantissent la transparence et l’équité des procédures ».

Plus de transparence sur les algorithmes

Le CSA demande également une « transparence accrue » concernant les algorithmes qui repèrent les infox. Il encourage les opérateurs à s’engager davantage dans l’éducation à l’information et à renforcer leurs partenariats avec des médias.

La grande majorité des plateformes n’ont pas précisé non plus « les mesures permettant aux contenus sponsorisés de gagner en visibilité, qui sont au cœur de leur modèle économique » mais peuvent aussi diffuser des informations trompeuses. Le CSA les appelle à prendre des mesures pour démonétiser des pages propageant des fausses informations.

Améliorer les voies de recours des utilisateurs

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel souhaite que les voies de recours face à une décision des opérateurs soient plus « claires, exhaustives et transparentes ». Les utilisateurs ne peuvent être responsabilisés que si « le cadre dans lequel s’exerce leur liberté » est « équilibré et prévisible », souligne-t-il.

La loi contre la manipulation de l’information, adoptée fin 2018, vise à endiguer la diffusion d’infox durant les campagnes électorales. Elle prévoit que les plateformes en ligne prennent des mesures contre les infox, notamment en mettant en place des dispositifs de signalement, et les oblige à rendre compte de leurs efforts au CSA dans une déclaration annuelle.

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