L’Occitanie réclame des remboursements pour les retards SNCF.
La ponctualité des trains liO en Occitanie s’est établie à seulement 86,5 % en 2025, loin des 90,7 % visés, avec un taux de suppressions grimpant à 7,8 %. Dès février, tous les détenteurs d’un abonnement annuel liO recevront une remise correspondant à un mois gratuit, et pour les lignes les plus problématiques, une mensualité supplémentaire sera remboursée en mars.
Retards fréquents et annulations imprévues… Les usagers des trains régionaux en Occitanie expriment leur mécontentement. Face à cela, la région a décidé de réagir fermement envers la SNCF, qui ne respecte pas ses engagements, en prenant des mesures financières. Une bonne nouvelle pour les voyageurs : ces sanctions financières seront directement redistribuées aux abonnés les plus affectés. 20 Minutes fait le point.
Tout découle d’objectifs non atteints en 2025. D’après un communiqué de la région Occitanie, la ponctualité des trains liO n’a atteint que 86,5 %, loin des 90,7 % visés. Pire encore, le taux de suppressions a augmenté à 7,8 %, grèves comprises. Ces chiffres ont conduit la présidence à activer le système de pénalités prévu dans la convention entre la région et la SNCF, qui impose des normes strictes en matière de régularité et prévoit des amendes sévères en cas de non-respect des engagements.
Un mois gratuit à partir de février pour les usagers
Ces pénalités s’élèvent concretement à 4 millions d’euros pour l’année écoulée, selon Jean-Luc Gibelin, vice-président en charge des mobilités et des infrastructures de transports en Occitanie, contacté par 20 Minutes. De plus, la région a décidé de restituer ces amendes aux usagers « sous forme de mensualités gratuites pour les abonnés des TER, qui sont ceux ayant le plus souffert de ces désagréments ». Dès février, tous les titulaires d’un abonnement annuel liO bénéficieront d’une remise équivalente à un mois gratuit. Pour les lignes rencontrant le plus de problèmes au départ de Toulouse à destination de Rodez, Latour-de-Carol, Pau, Narbonne et Auch, une mensualité supplémentaire sera également remboursée en mars.
La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, explique qu’il s’agit d’une question de « justice et de respect pour celles et ceux qui choisissent le train au quotidien. Les usagers ont le droit d’attendre un service public fiable et ponctuel. Trop souvent, les retards et les suppressions perturbent leur quotidien. Cette situation est inacceptable. »
92.000 voyageurs affectés par des « problèmes d’organisation »
Néanmoins, pour Jean-Luc Gibelin, ce système vise non pas à « réveiller » la SNCF, mais à garantir le respect des engagements. « Il faut que la parole donnée soit tenue. C’est le sens d’une convention. » Afin de suivre cet engagement, la région a mis en place un suivi rigoureux : « Chaque matin, nous faisons un point sur les trains de la veille. Y a-t-il eu des trains supprimés ? Des trains en retard ? Combien ? Où ? Pour quelle raison ? À partir de ce point quotidien, nous avons un suivi mensuel qui permet d’évaluer la qualité de l’offre de transport. En fonction de cette qualité, des pénalités sont appliquées. »
Malgré la « sévérité » de la région, les événements externes au fonctionnement du trafic ferroviaire, tels que les catastrophes naturelles, ne sont pas sanctionnés. « Lorsque des éléments météorologiques sont en jeu, par exemple, nous en tenons compte. Nous savons qu’il y a eu plusieurs événements extérieurs, mais il y a également des problèmes d’organisation. C’est pourquoi ces pénalités existent et sont remises aux abonnés. La SNCF ne conteste d’ailleurs pas les pénalités décidées. »
La fréquentation des trains régionaux est en forte augmentation, avec une moyenne de 92.000 à 93.000 voyageurs par jour, visant un objectif de 100.000 usagers quotidiennement. L’Occitanie se distingue également des autres régions : bien que plusieurs appliquent des pénalités, elle est la seule, selon Jean-Luc Gibelin, à les reverser directement aux usagers.

