Limoges : Des étudiants utilisent le congé menstruel pour ne pas assister aux cours
À Limoges, le congé menstruel expérimental instauré en octobre 2025 a été utilisé par une cinquantaine de jeunes hommes, entraînant une utilisation abusive représentant une centaine de jours d’absence au cours des trois premiers mois. Selon une étude de l’Inserm publiée en octobre 2023, 90 % des 21.287 femmes de 18 à 49 ans interrogées déclarent ressentir une douleur pendant leurs règles.
À Limoges, un congé menstruel expérimental instauré dans une école d’ingénieurs a été sollicité par une cinquantaine de jeunes hommes pour s’absenter de cours obligatoires, d’après plusieurs sources universitaires rapportées ce vendredi. Ce dispositif, mis en place en octobre 2025, permet aux étudiantes de bénéficier jusqu’à dix jours d’absence par an sans nécessité de certificat médical en cas de règles douloureuses. Il avait été élargi à tous les étudiants « afin d’éviter toute stigmatisation », notamment pour les personnes en transition de genre, a déclaré Raphaël Jamier, vice-président étudiant de l’Université.
« Tout était basé sur la confiance et la responsabilisation », a-t-il ajouté. Néanmoins, dans cet établissement où la présence en cours est strictement réglementée, la direction a observé, au cours des trois premiers mois, un usage abusif représentant environ une centaine de jours d’absence, selon une source interne. « Ils ont identifié une faille dans un système très strict », a admis cette source, tandis que plusieurs enseignants ont qualifié l’utilisation de « irrespectueuse » envers les femmes concernées.
Un courrier a depuis été envoyé à tous les étudiants pour rappeler que le congé menstruel est « destiné aux personnes menstruées » et que « toute utilisation frauduleuse » pourrait entraîner des sanctions pédagogiques. Le message souligne : « Il s’agit bien d’un congé menstruel et non mensuel ». L’Université vise ainsi à maintenir l’objectif initial du dispositif sans pénaliser les étudiantes souffrant de règles douloureuses.
La question du congé menstruel s’inscrit dans un contexte plus large. Un nombre croissant d’universités françaises propose des dispositifs similaires, aux modalités variées. En Espagne, un congé menstruel national a été adopté en février 2023. En France, certaines initiatives locales ont néanmoins été contestées devant la justice administrative. D’après une étude de l’Inserm publiée en octobre 2023, menée auprès de 21.287 femmes âgées de 18 à 49 ans, 90 % d’entre elles déclarent éprouver des douleurs durant leurs règles et 40 % mentionnent une douleur menstruelle « modérée à sévère ».

