Lille : Une start-up organise la « Riposte » contre les biodéchets

Elodie Letombe et Charles Muller, fondateurs de Riposte. — Riposte

  • D’ici à 2025, tout le monde devra trier et valoriser ses biodéchets.
  • Riposte propose une solution globale pour les restaurateurs de Lille.
  • Les déchets seront valorisés dans l’unité de méthanisation d’un agriculteur.

Personne ne va y couper. D’ici à 2025, une loi obligera particuliers et professionnels à effectuer un tri à la source de leurs biodéchets. Avec leur projet intitulé « Riposte », Elodie Letombe et Charles Muller veulent anticiper. Ils proposent aux restaurateurs de Lille une solution complète, et écologique, pour se débarrasser et valoriser de ce qui termine encore trop souvent dans la poubelle noire.

Depuis 2012, la loi impose aux producteurs de grandes quantités de biodéchets de trier ces derniers afin de les valoriser, par exemple sous forme de compost ou dans un processus de méthanisation. Mais la loi de transition énergétique, adoptée en 2015, va progressivement imposer cette démarche à tout le monde. Bref, en 2025, plus le choix, il va falloir trier et recycler vos épluchures de légumes et vos restes de repas. « Il y a un an environ, j’ai eu une discussion avec mon associé, Charles, qui tient un restaurant à Lille. Il râlait sur ses poubelles et se demandait comment faire pour trier les déchets de nourriture du reste », se souvient Elodie, 31 ans.

Un souci de place et la fréquence de collecte sont des freins au tri

Ensemble, ils ont cherché ce qui existait comme solution face à une problématique que l’on ne se pose pas depuis mille ans. « On a rencontré pas mal de personnes, notamment d’autres restaurateurs. Les principaux freins au tri des biodéchets étaient un souci de place et la fréquence de collecte », poursuit la jeune femme. Ils avaient leur point de départ. Elodie et Charles ont ainsi eu l’idée de proposer un service de A à Z.

Il y a d’abord le côté sensibilisation. « Chaque repas servi dans un restaurant génère environ 140 g de biodéchets. Il faut travailler là-dessus, notamment pour éviter le gaspillage alimentaire », avance Elodie. Le restaurateur y gagne puisqu’il économise de la matière première d’un côté et paye moins cher le service de Riposte, calculé en fonction de la quantité de déchets à traiter.

La start-up fournit ensuite des kits de tri adaptés à la configuration de chaque établissement. « C’est d’autant plus intéressant pour les petits restaurants installés dans le Vieux-Lille où la problématique de la surface est importante », explique la cofondatrice de Riposte. Vient ensuite la collecte, qui s’effectue en triporteur électrique. La fréquence du ramassage est ajustée en fonction des besoins des clients.

Ce qui vient de la terre retourne à la terre

La masse de biodéchets sera ensuite traitée dans l’unité de méthanisation d’un agriculteur partenaire. « Cette unité est auto alimentée par l’énergie qu’elle produit. Les restes organiques seront épandus sur les champs en tant qu’engrais naturel », précise Elodie Letombe. La boucle est ainsi bouclée.

Riposte va entrer en phase d’application au premier semestre 2020. Leur plan de financement est d’ores et déjà bouclé grâce à une campagne Ulule qui a dépassé l’objectif fixé et grâce aussi à la participation de Volvo France. Les deux entrepreneurs ont déjà pu convaincre une quinzaine de futurs clients, il ne leur manque plus que le triporteur.

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