Lille : Traitée de « morue », Mme Poisson attaque en diffamation

En première partie du procès Damien Rieu vs Xavier Bertrand, une autre affaire de diffamation était jugée ce mardi devant la 6e chambre correctionnelle de Lille. Une affaire qui, de l’aveu même de la présidente du tribunal, aurait pu se régler ailleurs que devant la justice. Mais la plaignante, Mme Poisson, avait décidé de marquer le coup.

La prévenue, Monique G., âgée de 60 ans, n’est pas une habituée des tribunaux. Sa première fois, elle la doit à une enseignante, qu’elle connaît par ailleurs très bien, et à un « pétage de plombs » selon l’expression de son avocat. L’histoire commence par un mail envoyé à Mme Poisson dans lequel Monique G. la traite notamment de « morue ». Une insulte « potache » selon l’accusée, en lien avec « le surnom que les élèves donnent à l’enseignante ». Sauf que le mail, au lieu d’arriver dans la boîte de l’intéressée, est envoyé à toute une liste de personnes, notamment des collègues de la plaignante.

Une « abolition du discernement »

Si désagréable que ce soit, Mme Poisson n’aurait pas déposé plainte si l’affaire s’était arrêtée là. Sauf que Monique G. balance sur Facebook un post dans lequel elle accuse nommément Mme Poisson d’avoir, entre autres, « fait disparaître des œuvres ». Pour cette atteinte à son honneur et à son intégrité professionnelle, la plaignante demande des dommages et intérêts. Et des excuses.

Elle n’aura pas ces dernières. « Je suis atteinte de troubles bipolaires et j’étais en pleine période de décompensation. Je ne vais pas m’excuser pour des propos que je ne me souviens pas avoir tenus », déclare la prévenue. Troubles « reconnus depuis 2003 » qu’un expert psychiatre a confirmés avant l’audience, estimant que Monique G. était au moment des faits atteinte d’une « abolition du discernement ».

C’est alors à la plaignante d’être pointée du doigt par la défense, arguant que Mme Poisson aurait pu prendre cela en compte avant de déposer plainte au pénal et de demander une réduction des dommages et intérêts à « un euro symbolique ». Décision début octobre.