Lille: Quand le recyclage s’élève au rang d’art

Un set à sushis fabriqué à partir d’anciennes bouteilles de vin. — Philémon

  • Deux étudiants Lillois ont créé la plateforme d’e-commerce Philémon.
  • Elle propose des objets fabriqués selon le principe de l’« upcycling ».
  • On y trouve des bijoux, de la vaisselle et bientôt des meubles et des vêtements.

Recycler, c’est bien. Upcycler, c’est encore mieux. Etienne André et Marie Esteves, deux étudiants Lillois, ont créé Philémon, une start-up incubée à l’école de commerce Edhec. C’est une plateforme de commerce en ligne dont le but est de vendre des objets de qualité fabriqués à partir d’autres objets voués à la décharge selon le principe de l’« upcycling ».

« L’art de transformer et de détourner des matériaux de récupération »

Recyclage, zéro déchet, on commence à savoir de quoi il s’agit même s’il reste de gros progrès à faire. L’« upcycling », ou « surcyclage », c’est une démarche qui va encore plus loin. « C’est l’art de transformer et de détourner des matériaux de récupération en objets de qualité », explique Marie Esteves, 22 ans, qui est par ailleurs étudiante en licence de psycho. « Même si ce n’est pas vraiment nouveau, l’upcycling est encore méconnu. Et il n’existe pas de plateforme regroupant ce type de créations », avance-t-elle.

Des boucles d'oreilles fabriquées à partir d'anciens disques vinyles. Des boucles d’oreilles fabriquées à partir d’anciens disques vinyles. – Philémon

L’idée de base, c’est Etienne qui l’a eue quand, il y a quelque temps, il s’est rendu compte que l’on jetait énormément de matériaux au lieu de les réutiliser. « La première idée, c’était de créer des boucles d’oreilles à partir de vieux disques vinyles. Nous avons pu en récupérer tout un stock auprès de la bouquinerie du Sart qui allait les jeter », se souvient Marie. C’est d’ailleurs elle qui s’est collée à la confection de ces bijoux : « Tout est fait à la main et de manière à minimiser au maximum l’impact environnemental lors de la création », poursuit-elle. Les vieux disques, elle les découpe à l’aide d’une scie manuelle et assemble les boucles avec ses petits doigts. « Je pourrais utiliser une machine à découpe laser, mais c’est un processus qui pollue à cause de la fumée que cela dégage », assure la jeune femme.

« Consommer autrement »

En conséquence, la production est limitée et demande davantage de temps, ce qui explique les prix plutôt élevés. « On ne pourra jamais concurrencer les fabricants asiatiques et ce n’est pas le but. Nous ne vendons pas que des produits, mais aussi une démarche de consommer autrement », justifie Marie Esteves.

Outre les créations « maison », Philémon distribue aussi celles d’autres artistes français engagés dans l’upcycling. Sur le site, on peut notamment s’offrir un set à sushis réalisé avec de bouteilles de vin de récupération par un verrier installé à Lyon. Il y a aussi Bénédicte, une couturière de Nice qui fabrique tout un tas de choses avec des chutes de tissu sauvées de la poubelle.

« Nous avons déjà cinq créateurs que l’on met en avant, et d’autres vont nous rejoindre très vite », promet Marie. Philémon proposera donc bientôt des meubles et même des vêtements « upcyclés ». A suivre.

Planète

Et si au lieu d’acheter vos vêtements, vous les louiez pour préserver les ressources?

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