Lille : Militantisme féministe et inclusivité… Comment le roller-derby perce dans le Nord ?

Un match de roller derby des Switchblade Roller Grrrls de Lille. — D. Descatoire

  • Deux clubs de roller derby de la métropole lilloise, Lomme Roller Girl et Roller Derby Lille, vont jouer en élite la saison prochaine.
  • La pratique de ce sport, au départ exclusivement féminin, intègre aujourd’hui les hommes.
  • Le roller derby est aussi un sport très militant autour du féminisme.

Garce Attack, Mac Couille, Ki k’ass ou Dolly Prane. Autant de noms d’emprunt qui, sous le maquillage et les protections, en disent long sur le militantisme des joueuses de roller derby. Né au Etast-Unis dans les années 1930, ce sport de patinage exclusivement féminin explose en France depuis le début des années 2010.

Et particulièrement dans la métropole lilloise qui, la saison prochaine, va présenter deux équipes* dans l’élite. D’un côté, les « Bad Bunnies » du Lomme Roller Girls (LRG) qui font partie du top 3 national et viennent d’avoir l’honneur de participer à des play off aux Etats-Unis.

« On ne choisit pas ce sport par hasard »

De l’autre, les « Switchblade roller Grrrls » du Roller Derby Lille (RDL) qui viennent de rejoindre, pour la première fois, les huit meilleures équipes de France. De beaux derbys en perspective, d’autant que les deux clubs se connaissent bien.

« Nous avons quelques joueuses qui viennent de Lille et pas mal d’amies en commun. Nous sommes très respectueuses les unes, les autres », note Anne-Sophie Peugniez, alias Pinky Bruiser, joueuse fondatrice du club lommois.

Car, dans les coulisses, le roller derby véhicule d’autres valeurs que le folklore des rencontres. « On ne choisit pas ce sport par hasard, assure Perrine Chevalon, Rage Moss sur la piste et joueuse à Lille. Il y a un vrai engagement militant. Par exemple, chez nous, il existe une commission inclusivité pour traiter tout le monde de façon égalitaire. »

Hommes interdits

Au départ, le roller derby est un sport exclusivement féminin. A tel point que la Fédération américaine WFTDA interdit à ses membres d’inscrire des équipes masculines et la participation d’hommes dans les instances dirigeantes. Si Lomme se plie à cette exigence – le club de garçons est une autre association affiliée –, ce n’est pas le cas du club lillois qui gère trois équipes féminines, une équipe d’enfants et deux équipes masculines.

« On a choisi d’ouvrir la pratique aux hommes car il y avait une demande, précise Perrine Chevalon. Tout le monde est au même niveau. Des hommes peuvent jouer avec les femmes s’ils se sentent femmes. C’est aussi un sport très ouvert au transgenre. »

Un groupe de pom-pom boys

Et pour définitivement renverser les codes, s’est formé, au sein du RDL, un groupe de pom-pom boys. « Certains sont des joueurs. C’est du 2e degré mais ils font ça très sérieusement et ça fait un tabac à chaque fois qu’ils nous accompagnent sur des matchs », reconnaît Perrine Chevalon.

« Le militantisme féministe est une partie importante de notre sport, mais nous n’imposons rien aux joueuses, souligne Anne-Sophie Peugniez. L’important, c’est la vie familiale qui règne entre les membres au sein du club. Le roller derby occupe beaucoup de notre temps. »

*Les deux clubs recrutent en organisant, cet été, des sessions d’entraînements pour tous les niveaux.

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