Lille : Le projet de quartier Saint-Sauveur annulé par la justice

Retour à la case départ ? Le tribunal administratif de Lille a annulé, ce jeudi, le projet de nouveau quartier Saint-Sauveur, souhaité par la maire de Lille depuis près de dix ans. Les juges ont relevé des vices de procédure dans les démarches communes de la ville de Lille et de la métropole de Lille (Mel).

Le projet était suspendu depuis trois ans par un référé du même tribunal administratif, faisant suite à un recours de deux associations. Il manquait notamment une étude sur la qualité de l’air lors de l’enquête publique. Situé non loin du périphérique, le secteur est déjà soumis à une pollution atmosphérique endémique.

« Inexactitudes et insuffisances »

Cette décision marque-t-elle la fin du projet d’aménagement d’une friche ferroviaire de 23 hectares (46 terrains de football) avec des logements, des bureaux, des commerces et un parc de 3,4 hectares et une piscine olympique ? Ou va-t-elle simplement la retarder ? Contactées, la ville et la métropole de Lille n’ont pas encore donné suite.

Dans sa conférence de rentrée, la maire (PS), Martine Aubry, avait évoqué « des problèmes de procédure ». « On va y répondre, mais ce n’est pas le fond du débat », avait-elle affirmé.

La décision des juges se fonde sur « les inexactitudes et insuffisances entachant l’étude d’impact ». La Métropole de Lille avait tenté d’y remédier en organisant une seconde enquête publique dite complémentaire. Tout faux. Le tribunal a estimé qu’elle ne pouvait pas régulariser la première.

« La Mel aurait dû d’organiser une nouvelle enquête publique de droit commun, et pas seulement une enquête complémentaire, et prendre à l’issue de celle-ci une nouvelle décision déclarant le projet d’intérêt général », explique le tribunal, dans un communiqué. Résultat, la Mel et la ville doivent revoir leur copie.

« Le manque de sérieux de la ville »

Pour les deux associations qui dénoncent ce projet d’urbanisme, « cette décision est une victoire ». « Et si la ville et la métropole persistent, nous continuerons à nous battre », insistent-elles. « Cela signifie que le projet doit être abandonné, renchérit leur avocate, Me Muriel Ruef. Du moment que l’étude d’impact est jugée insuffisante, on ne peut pas savoir si l’intérêt général existe ou pas ».

« Cette décision – qui intervient symboliquement en cette Journée nationale de la qualité de l’air – sanctionne le manque de sérieux de la ville dans la prise en compte de la santé de ses habitants, ajoute Lise Daleux, pour le groupe écologiste, aujourd’hui dans l’opposition municipale. L’impact de projets d’une piscine, de bureaux et de 2.500 logements a été délibérément minimisé ».

En revanche, les juges confirment le caractère d’intérêt général du projet « au regard des enjeux environnementaux, en s’appuyant notamment sur les conclusions du commissaire enquêteur qui a émis à deux reprises un avis favorable sur ce projet », lors des enquêtes publiques.