Lille : « Ingrid, le mystère de la Deûle », la mère d’une victime exprime sa colère contre la justice dans un livre

Dominique Blondiaux et sa fille Stéphanie au lancement du livre. — Dominique Blondiaux

  • Ingrid Marchal a disparu le 14 décembre 2012, son corps a été retrouvé dans la Deûle le 31 décembre.
  • Sept ans plus tard, la justice a prononcé un non-lieu et clos l’enquête.
  • La mère d’Ingrid Marchal vient de publier un livre qui retrace sa bataille judiciaire.

Le 31 décembre 2012 restera marqué à jamais pour Dominique Blondiaux. Ce jour-là, un coup de téléphone lui annonça que le corps sans vie de sa fille Ingrid Marchal, âgée de 32 ans, venait d’être retrouvé dans la Deûle, au niveau du zoo de Lille.

Sept ans plus tard, Dominique Blondiaux raconte dans un livre , Ingrid, le mystère de la Deûle*, sorti le 10 octobre, sa bataille judiciaire pour connaître la vérité et mettre en évidence les failles d’une enquête « mal menée » et d’une justice « débordée et maladroite ».

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?

J’ai voulu l’écrire parce que je suis en colère contre la justice. Ma fille est morte, mais je ne sais toujours pas exactement quand, ni comment. Après sept ans d’instruction et trois magistrats différents, son décès reste toujours un mystère. Je n’ai pas eu de réponse de la justice. Et je voulais montrer à quel point cette enquête a été mal menée.

Selon vous, en quoi l’enquête a-t-elle été mal faite ?

Il y a eu plusieurs omissions et contradictions tout au long du processus. Par exemple, des recherches d’ADN sur ses vêtements n’ont même pas été réalisées, ce qui aurait pu permettre d’élucider ses dernières fréquentations. Et il y a eu des contradictions évidentes entre la dernière magistrate, les experts et le premier procureur. Dans une expertise, l’expert s’est même trompé sur le nom de ma fille ! Comment je peux accepter qu’il nomme ma fille Corinne ? Et ce prénom de Corinne est à nouveau utilisé par des juges en appel. Ça montre qu’ils n’ont même pas pris la peine de lire le dossier.

Couverture du livre Couverture du livre – Dominique Blondiaux

Pouvez-vous nous donner un exemple de ces contradictions ?

Dans un premier temps, le procureur Frédéric Fèvre a dit qu’Ingrid présentait des signes d’une fausse noyade [noyade syncopale], car les taux de strontium n’étaient pas les mêmes des deux côtés du cœur et que la cyanose était peu prononcée. Des signes qui montreraient qu’elle n’est pas morte d’asphyxie dans l’eau. Mais ensuite, la magistrate, qui a déclaré le non-lieu, a dit qu’il s’agissait d’une vraie noyade et qu’il y avait une forte cyanose.

Est-ce que vous trouvez que la justice a fait tout ce qu’elle pouvait pour élucider ce cas ?

Absolument pas, j’ai été face à une justice débordée et maladroite, qui n’a pas voulu m’écouter. La dernière magistrate, celle qui a prononcé le non-lieu, n’a même pas voulu me rencontrer, malgré mes demandes réitérées.

Pensez-vous que ce livre pourrait faire avancer l’enquête ?

J’espère que ce livre aidera à débloquer la situation, mais surtout, je cherche à informer sur mon parcours judiciaire, pour que les lecteurs se fassent leur propre jugement.

*Editions Les Lumières de Lille.

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