Lille- Bordeaux : Benoit Costil sera-t-il dans le but des Girondins face au Losc ?

C’est un chiffre symbolique : 180. C’est le nombre de matchs joués sous le maillot des Girondins de Bordeaux que Benoit Costil pourrait atteindre contre  le Losc ce samedi (19h) au Stade Pierre Mauroy de Lille. Oui « pourrait » car aujourd’hui on se demande encore si on reverra le gardien international porter la tunique marine et blanche après  les violents incidents du dernier match face à Montpellier (0-2) au Matmut Atlantique. Pris à partie par le Virage Sud après un accrochage avec un coéquipier, l’ancien capitaine du club a également eu une vive altercation avec l’un des leaders des  Ultramarines à la mi-temps du match avant d’être carrément accusé de racisme par ce même groupe de supporteurs pendant et après la rencontre.

Depuis, Benoit Costil a décidé de porter plainte pour diffamation et/ou dénonciation calomnieuse. La rupture est donc totale entre les deux parties. Une réconciliation apparaît comme utopique. Comment faire alors ? Les Girondins peuvent-ils aligner un joueur qui se fera huer et siffler par certains de ses plus fervents supporteurs à chaque ballon alors que le club va jouer sa survie en Ligue 1 lors des neuf derniers matchs de la saison ? Peut-on assister à de nouveaux débordements lors du prochain match à domicile face à Metz si Benoit Costil est titulaire (à noter que la tribune basse du VS sera fermée pour cette rencontre) ?

Costil finalement à disposition ?

Ces questions auraient pu ne jamais se poser. En effet, le gardien bordelais sous le coup de l’émotion avait annoncé dès la fin de la rencontre contre Montpellier à plusieurs salariés et coéquipiers qu’il allait rapidement quitter le club de lui-même comme le révélait 20 Minutes. Mais après quelques heures de réflexion, Benoit Costil n’était plus aussi radical. Dès le lendemain des événements, il a rencontré Admar Lopes, le directeur technique, avec son représentant afin d’évoquer la situation et de réfléchir à son avenir.

D’un commun accord avec le club, il n’a pas disputé le match amical contre Alavès programmé pendant la trêve internationale pour faire redescendre la tension. Selon nos informations, il se dit aujourd’hui à la disposition des Girondins de Bordeaux comme tout salarié. Cela veut-il dire qu’il souhaite réellement rejouer pour les Marine et Blanc ? Cela est plus difficile à dire.

Le club fait comme si de rien

Du côté de la direction, c’est silence radio (ou presque) depuis les incidents. Il n’y a eu aucune réaction publique d’un dirigeant mais un simple « statement [déclaration] » auprès de certains médias, où le club rappelle notamment qu’il est attaché à la présomption d’innocence. Difficile donc là aussi de savoir vraiment quelle est sa position sur le cas Benoit Costil et comment la direction compte désormais gérer l’affaire.

Selon les informations de 20 Minutes, celle-ci n’aurait en tout cas pas mis son veto à la participation de Costil aux prochains matchs des Girondins comme cela a pu être le cas vis-à-vis de Paul Baysse avant que ce dernier réintègre récemment à plein temps l’effectif pro. « Benoit fait toujours partie du groupe, il est à la disposition du coach et comme d’habitude, ce sera à l’entraîneur de trancher pour le match », glisse un membre du club. Benoit Costil était en tout cas dans l’équipe des titulaires (comme Paul Baysse et Issouf Sissokho) lors de l’entraînement au Matmut Atlantique ce mercredi qui ressemblait à une mise en place à trois jours du déplacement à Lille.

Quelle réaction des Ultramarines ?

Pour le coup, le plus grand groupe de supporteurs bordelais lui ne se cache pas. Les Ultramarines ont réitéré leurs allégations à plusieurs reprises depuis dix jours et même publié un long communiqué de trois pages pour expliquer leurs faits et gestes à propos de l’international. Pour eux, le gardien a réalisé « la pire offense que le Virage Sud ait connue de la part d’un joueur depuis sa création » en insinuant que les Ultramarines étaient des « vendus » à la solde de la nouvelle direction.

Ce mardi, le groupe via son compte Twitter affirme que l’enquête qu’il réclamait est bien en cours : « Il y a une semaine, nous demandions au club une enquête rapide et rigoureuse. Nous savons que celle-ci est diligentée et attendons rapidement des explications. »