Lille: Atteinte d’endométriose, une jeune Lilloise veut briser la loi du silence

Marie, une jeune Lilloise atteinte d’endométriose. — M.B.

  • Marie est une jeune Lilloise de 29 ans atteinte d’endométriose. Elle a décidé de raconter son quotidien avec la maladie sur les réseaux sociaux.
  • La jeune femme souhaite que la parole se libère autour de cette pathologie. « Il n’y a pas de groupe de parole ou d’association où l’on pourrait se rencontrer entre Endogirls », déplore la jeune femme.

Très répandue et trop méconnue. A 29 ans, Marie Brissy fait partie des dizaines de milliers de Françaises atteintes d’endométriose. Une pathologie exclusivement féminine, chronique et récidivante, qui provoque, dans la majorité des cas, des douleurs insupportables, particulièrement au moment des règles. C’est aussi une maladie occultée par le sceau du tabou dans une société encore trop patriarcale. Et c’est contre ça que Marie a décidé de lutter en racontant son quotidien sur les réseaux sociaux.

Diagnostiquée un peu par hasard

Esthéticienne et coach en diététique, Marie vit quasiment cloîtrée chez elle depuis trois mois. Une vie de recluse forcée depuis qu’elle a été diagnostiquée : « J’ai dû me faire opérer d’une hernie inguinale qui me faisait terriblement souffrir. Sauf qu’après l’opération, les douleurs n’ont pas cessé, je ne pouvais ni marcher, ni m’asseoir. On me disait que c’était les suites de l’opération mais j’ai décidé de chercher plus loin », explique la jeune femme. De sa propre initiative, elle a fait toute une batterie d’examens pour comprendre : « C’est grâce à ces examens que la maladie a été diagnostiquée », assure-t-elle.

Mais Marie s’est aussi rendu compte qu’elle présentait les symptômes de l’endométriose depuis bien plus longtemps : « Je n’avais pas du tout pensé à cela avant, tout simplement parce que l’on n’en parle pas assez, surtout sur Lille, en dehors de la semaine de l’endométriose », constate-t-elle. Et quand elle a voulu échanger sur sa maladie avec d’autres femmes, Marie s’est retrouvée face à un désert. « Il n’y a pas de groupe de parole ou d’association où l’on pourrait se rencontrer entre Endogirls », déplore la jeune femme.

« C’est une maladie encore honteuse »

Son Instagram, nenettendo, et sa page Facebook, NenettEndoinLille, Marie les a créés pour ça. « C’est une maladie encore honteuse, les femmes n’osent pas en parler. Parce qu’on les culpabilise ou parce qu’on leur fait croire depuis toujours que c’est normal de souffrir quand on a ses règles. J’ai l’impression qu’on ne s’intéresse pas à cette maladie parce que c’est une maladie de femmes », s’insurge Marie.

Alors la jeune femme raconte sa vie sur les réseaux sociaux. « Je veux parler de mon quotidien, donner des astuces ou des conseils. Expliquer qu’il n’y a pas que les médicaments qui peuvent nous soulager », poursuit-elle. Elle donne notamment la recette de son jus de citron en cas de maux d’estomac, son régime alimentaire anti-inflammatoire…

« Penser à l’endométriose devrait presque un réflexe pour les médecins et pour les femmes qui souffrent. Et qu’on en parle davantage pour lever le tabou. Même ma meilleure amie s’en est longtemps cachée », se désole Marie.

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