L’ex-épouse d’Eric Ciotti aurait touché huit fois le smic horaire pour l’assister à l’Assemblée

Après l’article du Canard enchaîné, qui l’accusait la semaine dernière d’avoir embauché son ex-femme « dans des conditions… penelopesques » entre 2007 et 2016, Eric Ciotti s’estimait « bassement attaqué ». Le député LR des Alpes-Maritimes, candidat à la présidence du parti, assurait que Caroline Magne avait cumulé des activités à la ville de Nice, au département des Alpes-Maritimes et à ses côtés, en tant qu’attachée parlementaire, « dans le strict respect des lois et règlements ».

Mais pour quels revenus ? C’est justement ce qu’a révélé Libération ce lundi après avoir épluché le relevé de carrière de l’intéressée. A l’Assemblée nationale, elle aurait ainsi touché « 20.000 euros par an pour 5,5 heures par semaine représentent une rémunération de 70 euros brut de l’heure », « soit huit fois le smic horaire de l’époque », relève le quotidien.

Jusqu’à 94.500 euros de revenus bruts annuels

Et si son emploi comme collaboratrice parlementaire n’était pas « un temps plein et de très loin », comme le précisait Eric Ciotti dans un communiqué le 16 novembre, c’était justement pour lui permettre de rester, « à 40 minutes près » selon Libération, sous le plafond maximum des 44 heures par semaine prévu par le Code du travail.

Car Caroline Magne cumulait plusieurs contrats qui lui ont permis d’atteindre jusqu’à 94.500 euros de revenus bruts, en 2009. Cette année-là, aux 20.000 euros touchés comme collaboratrice du député, se sont ajoutés 62.800 euros de la mairie de Nice et 11.700 euros de la communauté urbaine Nice-Côte d’Azur. Dans ces collectivités, elle occupait le poste de cheffe de cabinet de Christian Estrosi, pour qui elle travaillait déjà quand il était président du département des Alpes-Maritimes, en 2007 et 2008.

Une triple casquette dénoncée par certains. « J’avais un contrat de cinq heures par semaine comme assistante parlementaire, car en plus de mon poste à la mairie de Nice, je travaillais effectivement pour Eric [Ciotti] dans la circonscription. Or je ne voulais pas qu’on dise que le temps que je lui consacrais était payé par la ville », répond Caroline Magne dans les colonnes de Libération.

Pas de demande d’autorisation de cumul

Sauf que, selon le quotidien, « il n’y avait pas de demande d’autorisation de cumul accordée par la ville de Nice, comme la loi l’exige ». Ni par celle de La Colle-sur-Loup, où elle devient directrice générale des services (DGS) en septembre 2014, et alors qu’elle touche encore 10.000 euros annuels comme assistante parlementaire de son mari. Poste qu’elle occupera jusqu’en août 2016.

Capture d'écran du profil LinkedIn de Caroline Magne, le 16 novembre 2022.
Capture d’écran du profil LinkedIn de Caroline Magne, le 16 novembre 2022. – Capture d’écran profil Linkedin Caroline Magne

Sollicité par Libération, le représentant d’Anticor dans les Alpes-Maritimes dit « s’interroger sur la compatibilité entre les différents emplois occupés, tant sur les fonctions elles-mêmes que sur le nombre d’heures réalisées ». Et Jean-Valéry Dessens prévient que l’association anticorruption pourrait procéder, « dans les jours qui viennent, à un signalement auprès du parquet ».

Aujourd’hui, après s’être consacrée à d’autres activités, Caroline Magne est revenue à la politique. Depuis août 2021, elle est DGS à la mairie de Mandelieu-La Napoule, dirigée par le LR Sébastien Leroy, l’un des plus gros soutiens d’Eric Ciotti dans le département, rappelle Libération. Elle y touche 5.700 euros brut par mois, soit 68.500 euros par an.