L’État veut se « désintoxiquer » d’Amazon, Microsoft, Google et autres géants.
Un grand plan de « préférence nationale » dans la commande publique numérique va être mis en place, et l’État vise à flécher les 4,5 milliards d’euros investis dans ce secteur vers des solutions françaises ou européennes. Des partenariats seront noués avec le privé, puisque « c’est là que l’on trouve les solutions aux meilleurs standards », selon David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique.
Les tensions transatlantiques avec le gouvernement de Donald Trump ont réveillé les instincts protectionnistes des responsables numériques français. Un grand plan de « préférence nationale » pour la commande publique numérique sera bientôt mis en place.
L’État aspire à se dégoogliser, ou plutôt à se désaméricaniser. C’est ce que révèle un article récent du Figaro, qui décrit les mesures à venir pour réduire la dépendance numérique de la France vis-à-vis des États-Unis.
Reconnaissant que le numérique « est évidemment un des points majeurs de vulnérabilité » de la politique de souveraineté du pays, le ministre délégué chargé de la Fonction publique souhaite diriger les 4,5 milliards d’euros investis dans ce secteur vers des solutions françaises ou européennes.
La souveraineté deviendra un critère primordial dans le choix des solutions à mettre en œuvre dans la fonction publique, surpassant les critères de coûts, de performance et de disponibilité. Grâce au programme « Je choisis la French Tech », l’État espère remplacer les solutions américaines par des alternatives locales.
Toutefois, il n’est pas question de tout développer en interne, comme avec l’outil « Visio » ou « La Suite numérique ». Des partenariats seront établis avec le secteur privé, car « c’est là que l’on trouve les solutions aux meilleurs standards », explique David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique. Aucune précision n’a été donnée sur le caractère open source ou non de ces solutions, une caractéristique pourtant essentielle pour garantir la transparence dans le traitement des données.
La ministre chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique insiste sur le fait qu’il n’y a pas de cible explicite envers les États-Unis avec cet effort, mais force est de constater que les solutions des GAFAM sont largement présentes dans nos services publics, allant de l’Office à l’Assemblée nationale, et à l’Éducation nationale, jusqu’à Amazon chez la SNCF.
Ces annonces font suite au lancement d’un observatoire pour la souveraineté numérique à la fin janvier 2026, ainsi qu’à la création d’un « indice de résilience numérique » censé évaluer la capacité de nos services numériques à faire face à des interruptions, qu’elles soient accidentelles ou volontaires.
Cependant, les initiatives de préférence nationale pourraient entrer en conflit avec les règles de concurrence européennes et agacer Washington, qui perçoit les critiques envers les GAFAM comme un moyen de riposte « discriminant » vis-à-vis des États-Unis.
