Les services d’urgence, le SMUR et le 15, « sont en grande difficulté »

La situation est difficile pour les soignants d’urgence cet été. « Les services d’urgence, les SMUR, le 15 sont en grande difficulté de fonctionnement », a affirmé ce jeudi le président de Samu-Urgences France (SUdF), successeur de François Braun, après la publication par son syndicat d’une enquête sur la situation des urgences en juillet.

Pour l’activité des urgences, « il y a des endroits où ça s’est passé normalement » en juillet et d’autres qui ont connu « des augmentations très importantes de 80 voire 100 % d’activité », a déclaré Marc Noizet au micro de franceinfo. Ces services ont été confrontés en juillet à une hausse d’activité moyenne de 12 % comparé au même mois de 2021, soit 180.000 passages en plus, selon l’enquête en ligne effectuée par le SUdF auprès de 331 établissements de santé (soit près de 50 % des structures ayant un service d’urgence).

Pénurie de lits et de personnel

95 % des services d’urgence y disent rencontrer des « problématiques importantes de disponibilité de lits », 90 % des difficultés sur les ressources humaines médicales et 89 % des manques de ressources humaines non médicales.

Dans le sillage des recommandations de la « mission flash » confiée à François Braun avant son arrivée au ministère de la Santé, 88 des établissements interrogés ont mis en place une restriction d’accès aux urgences, dont 67 avec une régulation systématique par le SAMU, également en difficulté.

« Flagrant délit de mensonge » du ministre

42 établissements ont été « contraints de réaliser une fermeture totale de nuit » des urgences pour un nombre cumulé de 546 nuits en juillet, selon l’enquête. De jour, 23 établissements ont fermé totalement leurs urgences pour un nombre cumulé de 208 jours. En visite mercredi au CHU de Nantes, le ministre de la Santé François Braun, président de Samu-Urgences France jusqu’à sa nomination, a refusé de parler « de fermeture d’urgences ».

C’est « un terme qui fait peur », a-t-il plaidé, préférant parler d’« accès régulé médicalement ». « Le ministre de la Santé pris en flagrant délit de mensonge ce matin en affirmant qu’aucun service d’urgences n’était fermé la nuit », a riposté mercredi sur Twitter Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), opposant les chiffres de l’enquête du SUdF. « Le ministre fait son travail » et « est là pour rassurer les populations » sans entrer « dans la granularité » de la situation, a tempéré jeudi Marc Noizet, tout en alertant sur l’épuisement des personnels.