« Les Petits Meurtres d’Agatha Christie 70’s » : « Annie Gréco est une fonceuse qui assume », estime Émilie Gavois-Kahn

Nouvelle époque, nouveaux héros, nouveaux comédiens, mais toujours le même succès ! Après une première enquête de la saison 3 suivie par 6 millions de téléspectateurs en janvier, le trio de choc formé par la commissaire Gréco (Émilie Gavois-Kahn), l’inspecteur Beretta (Arthur Dupont) et la psychologue Rose Bellecour (Chloé Chaudoye) reprend du service pour deux nouvelles aventures inédites des Petits Meurtres d’Agatha Christie 70’s ce vendredi et vendredi 17 à 21h05 sur France 2. A cette occasion, 20 Minutes a discuté holster et col pelle à tarte à Séries Mania avec Émilie Gavois-Kahn, qui succède à Samuel Labarthe dans le rôle principal.

Suiviez-vous « Les Petits Meurtres d’Agatha Christie » avant qu’on vous propose le rôle du commissaire Gréco ?

Je ne suivais pas assidûment la série, mais je l’avais déjà regardée. Je la connaissais évidemment !

Comment avez-vous réagi quand on vous a proposé le rôle du commissaire Gréco ?

J’ai été joyeuse et fière. Fière, parce que je trouve que c’est une série de très bonne qualité. Premier effet, la fierté, et le deuxième effet Kiss Cool, c’est un peu, les pétoches, la pression de se dire, maintenant, il va falloir le faire !

Y a-t-il eu une sorte de passage de relais avec le trio précédent ?

Non, pas du tout. Nous ne les avons pas rencontrés, à part Chloé Chaudoye qui a joué un rôle dans la saison précédente. Elle les connaissait. De mon côté, j’ai eu l’occasion de travailler une fois avec Samuel Labarthe, mais pour un téléfilm. C’est Sophie Révil, la productrice qui a fait le lien. Et l’équipe technique, qui est l’équipe historique. Ils nous ont accueillis à bras ouverts. C’était merveilleux, vraiment.

Vous avez parlé de la « pétoche » et de « pression », vous sentiez-vous plus sereine pour cet épisode 3 ?

Oui. Plus sereine, je ne sais pas. On arrive un peu dans l’inconnu, on doit créer des choses, en même temps, il y a une super équipe, une très belle harmonie dans l’équipe qui nous soutient. On s’entend très bien tous les trois dans le travail, dans la manière de travailler, donc c’est une joie. C’est sûr qu’une fois qu’on a fait les deux premiers épisodes, que tout le monde est content, qu’ils sont diffusés et que le public est content. Quelque part il y a un soulagement et en même temps, ça refout la pétoche, parce qu’on se dit qu’il ne faut pas les décevoir pour le 3 et le 4. L’exigence est toujours plus grande.

Quels ont été les retours après la diffusion des deux premiers épisodes ?

En général, les gens qui me font des retours, ce sont plutôt des retours gentils. Pour l’instant, personne ne m’a agressé en me disant : « qu’est-ce que tu es nulle ». C’est joyeux de savoir que les gens ont apprécié ce personnage et ce que j’en ai fait. Il y a des choses qui me touchent beaucoup aussi, des gens qui me connaissent depuis longtemps, sur d’autres rôles, des seconds rôles et qui sont fiers de ma « promotion » comme ils disent. Ça me fait rigoler. Je trouve cela super d’avoir une telle fidélité.

Le tournage a-t-il été perturbé par le Covid ?

Non, on a eu trois jours d’arrêt pour un soupçon de Covid. Un figurant a appris après avoir tourné avec nous qu’il avait le Covid. Par sécurité, on avait fait une pause. Il y a eu des mesures drastiques sur le tournage. On a fait hypergaffe, on se fait tester tout le temps. Pour l’instant, croisons les doigts, on a réussi à passer entre les gouttes.

On sent une grande complicité entre vous trois, on a parfois l’impression qu’on vous suit depuis longtemps…

C’est vrai ? C’est super ! Sophie Révil a bien fait de nous réunir. Elle sait réunir les gens pour que ça aille dans la même direction et créer une vraie harmonie. Je me souviens de notre première rencontre avec Chloé et Arthur, on a déjeuné et on avait fait une lecture. Dès la première rencontre, on a senti une complicité dans le travail, ce n’est pas une question juste d’humeur, c’est une histoire de bosser de la même façon et on a envie de s’amuser, de chercher ensemble. C’est joyeux, bienveillant et généreux. On aime vraiment travailler ensemble.

Vous avez dit au moment du lancement de la saison 3 qu’« Annie Gréco, c’est la rencontre entre un holster et un sac à main », abordez-vous ce personnage toujours ainsi ?

Quand j’ai lu ce personnage, c’était vraiment cela, la rencontre entre un holster et un sac à main. C’est-à-dire que c’est une femme avec tous les apparats de la féminité, les talons hauts, la jupe, un brushing impeccable, les ongles faits, sa poitrine en avant, mais elle a son flingue et c’est elle la chef. Et s’il faut faire une clé de bras ou tirer sur un méchant, elle le fait comme un vrai bonhomme.

Dans l’épisode 3, diffusée ce vendredi, on en apprend davantage sur Rose Bellecour et Max Beretta, on sait peu de choses de la vie privée du commissaire Gréco, en apprendra-t-on davantage plus tard ou souhaitez-vous qu’elle reste mystérieuse…

Patience, patience, attendez de voir l’épisode 4, ça viendra ! Les épisodes ne sont pas feuilletonnants, mais effectivement, au-delà du polar et de la comédie, les intrigues ou les histoires de chaque personnage sont petit à petit creusées à chaque fois. Ne vous en faites pas, cela arrive !

Comment aimeriez-vous la voir évoluer au fil des épisodes ?

Elle va gagner en complexité au fil des épisodes. On en a déjà tourné six en tout. Elle va gagner en fragilité, en failles. Des failles contre lesquelles elle essaye de lutter pour pouvoir s’imposer. Elle ne veut pas montrer ses faiblesses. Du coup, elle peut parfois se montrer de mauvaise foi… La façon dont les choses se dessinent me convient très bien que ce soit pour mon personnage, les autres et les relations entre eux.

Annie Gréco a-t-elle l’étoffe d’une icône féministe ?

Quelle question incroyable ! Je ne sais ce que cela veut dire une icône féministe. Je pense qu’elle ne se pose pas la question elle-même. Elle fait et pour faire, il ne faut pas avoir peur ou faire semblant de ne pas avoir peur. C’est le seul moyen d’avancer en prenant conscience de ce qu’on est en train de faire. C’est une fonceuse qui assume.

Voyez-vous Annie Gréco se rapprocher de Jacques Blum ?

Je ne vois rien, je ne suis pas madame Irma (rires). Je ne peux rien vous dire. je vous dis juste soyez au rendez-vous quand il faudra l’être.

Avez-vous votre mot à dire concernant son look ?

J’ai mon mot à dire dans la mesure où je dis si je me sens bien ou pas dans le costume, évidemment. Parce qu’il va falloir que je l’habite et que je joue avec. En général, c’est Sophie Révil qui propose des choses avec la costumière. On en discute, on essaye. Il y a des choses que j’ai portées dans les premiers épisodes et que je ne reporterai plus parce que finalement cela ne correspond pas à ce qu’ils veulent raconter. Sophie Revil était partie sur une sorte d’uniforme, un costume un peu unique. Mais la fashionista, c’est Rose Bellecour.

Cette 3e enquête, intitulée « Le Vallon », nous emmène vers la chirurgie esthétique…. qu’est-ce que cette thématique touche de notre société actuelle, selon vous ?

Cela touche plein de choses. Se faire refaire quelque chose est devenu très banal. Ce que j’aime bien, c’est qu’Annie Gréco assume tout et assume son corps. et cela me plait. Après la chirurgie esthétique relève de choses très intimes. On ne peut pas juger.

Aujourd’hui, notre image est très exposée avec les réseaux sociaux…

C’est sûr qu’il y a une pression de l’image, mais après c’est l’image qu’on a de nous de mêmes ou qu’on croit avoir ou qu’on aimerez avoir… Ce sont des choses intimes. Maintenant avec les filtres et les machins, on n’a plus besoin de faire de la chirurgie esthétique. Franchement, on fait deux clics et on perd 10 kg, on devient noir, on devient grand ou on devient un homme. Cela fait moins mal, j’imagine.