« Les Marseillais » : Des « kékés » et des « cagoles », une image « salie » ou « sympathique », votre représentation de Marseille selon l’émission

Oh Fatche de ! Ils sont 800.000 chaque semaine à suivre les pérégrinations de Maéva, Paga, Kevin ou Carla et leurs (moulons) de « problèèèèèmes » sur W9. Depuis le lancement de l’émission voilà déjà 10 ans, Les Marseillais ont su s’imposer dans le paysage médiatique des émissions de téléréalité à succès. Mais quelles images renvoient-ils de la ville et de ses habitants ? C’est la question que nous vous avions posée et vous avez été nombreux à nous répondre, nous vous en remercions.

Allons-y tout droit : dans une saisissante majorité, les mots sont assez durs pour qualifier cette émission et ses acteurs, quoique certains y soit attaché et y trouve même des relents de réalité, bien que cet aspect ait décliné avec le temps, estiment les plus fidèles, voire « arrive au bout », estime Éloïse, fan qui à 32 ans, « a vu les candidats grandir avec [elle] ».

« Nous avons le verbe haut et le sang chaud, mais on nous ridiculise »

Comme elle, Virginie « regarde depuis le début ». Au début, elle avait une « image sympathique », devenue « très négative depuis plusieurs saisons ». Et d’expliquer son ressentiment : « Ça crie tout le temps. Que des gros nichons et des corps refaits. Avant, ils avaient une vie identifiable à la nôtre, à Dubaï (saison 10), ils étaient avec nounous et voitures de luxe… Bref, ils me font rire, mais ce n’est pas un compliment. Ils me dégoûtent de l’image qu’ils renvoient dans l’attitude, ce ne sont plus des Marseillais », tranche-t-elle.

Pour Fatima, qui note que « certains candidats sont de vrais Marseillais, d’autres des alentours, voire n’ont rien à voir avec les régions », l’émission reflète toutefois « un petit peu Marseille au sens des moqueries et des problèmes qu’ils aiment bien se faire ». Éloïse, Marseillaise depuis toujours comme Fatima, relève une sorte de ressemblance : « un français qui laisse à désirer, mais qui fait tellement rire, des gens qui démarrent au quart de tour, mais ont un grand cœur ». Un avis que ne partage pas Saya, et c’est peu de l’écrire. « Ils salissent l’image de Marseille, en aucun cas nous ne sommes comme ça », juge cette habitante de la cité phocéenne.

« La seule chose, c’est qu’il y a beaucoup de cagoles comme Maéva et des filles à caractère, comme Jess », ajoute Nicolas, qui complète : « Je trouve que cette émission nous donne une image de kéké. Il est vrai que nous avons le verbe haut et le sang chaud, mais on nous ridiculise ». Julie va plus loin et verse dans la critique de la représentation du monde que peut nous donner la téléréalité : « les femmes sont des femmes-objets et les hommes des queutards ».

Concluons avec cette synthèse de Ludivine, qui a habité 25 ans à Marseille, et résume le succès de cette émission. « Les infos, ça fout le moral à zéro, limite t’as envie de te suicider. Alors, Les Marseillais, c’est débile, ils n’ont pas inventé l’eau chaude, mais ça détend ».