Les lunettes connectées de la start-up Wyes « font parler » les personnes privées de parole

Communiquer avec ses proches en un coup d’œil, c’est peu ou prou, la promesse de Wyes. Cette «  start-up altruiste » développe une paire de lunettes connectée à destination des personnes souffrant d’une maladie les privant de l’usage de la parole. Le principe ? « Permettre aux personnes paralysées de trouver un nouveau moyen de communication », explique Maxime Loubar, à l’origine de ce projet ambitieux.

L’enjeu est de taille, car ce sont des patients « enfermés dans leur corps, qui n’ont plus la possibilité de communiquer par la parole, par les mains, par l’écriture ou tout simplement par un doigt sur un écran tactile. Ils n’ont plus que leurs yeux qui fonctionnent », précise-t-il. L’idée, c’est de les aider à « retrouver leur place dans la société » grâce à la communication.

La jeune pousse accompagnée par l’Incubateur Paris-Dauphine  vient de réunir près de 37.000 euros grâce à sa dernière campagne de financement participatif mis en ligne sur  KissKissBankBank. Un grand pas qui devrait permettre d’ici un peu plus d’un an d’aboutir à la construction d’un nouveau produit encore plus abouti que les premiers prototypes.

Un projet étudiant, devenu outil technologique

Maxime Loubar a commencé ce projet handitech fin 2016, alors qu’il était encore étudiant à l’école d’ingénieur ECE. A l’époque, avec sa future associée Sarah Mougharabel, ils créent un prototype pour seulement… 30 euros. Les prémices d’un projet qui prendra ensuite forme progressivement, jusqu’à devenir la start-up Wyes. Pierre Jankowiez, un troisième associé, rejoindra l’aventure à la création de l’entreprise.

L’idée de départ, Maxime Loubar l’a eu par l’intermédiaire de la difficile expérience qu’il a vécue avec sa grand-mère, atteinte par une maladie rare et neurodégénérative qui la paralysait totalement. Aujourd’hui, les futures lunettes Wyes sont destinées à plusieurs profils de patients, notamment atteints par la maladie de Charcot, « ainsi que d’autres pathologies qui ont les mêmes effets », ajoute Maxime Loubar.

Les lunettes connectées permettront à ses utilisateurs de communiquer rapidement avec leurs aidants, mais également de participer aux discussions du quotidien. L’objectif, c’est qu’ils puissent retrouver une « capacité à s’exprimer normalement avec les gens qu’ils aiment » et participer, par exemple aux échanges en famille. L’entrepreneur désire également qu’ils puissent continuer « d’aller sur Internet, sur les réseaux sociaux, d’échanger, se divertir, s’engager » et qu’ils retrouvent ainsi « une forme de liberté », conclut-il.

Le jeune entrepreneur entend également pouvoir proposer un outil à un prix accessible et en partie remboursable par les mutuelles. D’après Maxime Loubar, les alternatives déjà existantes sont commercialisées pour pas moins de 15.000 euros. Avec ses lunettes connectées, Wyes espère proposer sa solution aux alentours de 1.000 euros.

A la rencontre des patients

Les prochains mois devraient accélérer les choses pour Maxime Loubar et ses deux associés. Au programme : développement d’une intelligence artificielle, passage de certifications « pour prouver que le dispositif qui est fiable », ainsi que de nouveaux tests du prochain prototype avec les patients. Un travail déjà bien entamé et surtout un dialogue indispensable. « Depuis le début, nous avons un prototype qui évolue perpétuellement », se félicite-t-il.

Grâce aux rencontres avec ses futurs utilisateurs, Wyes fait évoluer ses lunettes et permet aux personnes handicapées de participer aux différentes améliorations. « Ça leur fait du bien de ne plus être uniquement des consommateurs, mais aussi, d’être les acteurs des solutions dont ils vont bénéficier. Ils ont l’impression d’être utiles. Je crois que c’est vraiment primordial pour eux. »