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Les Etats-Unis vont « dicter » la politique pétrolière du Venezuela.

L’administration américaine a affirmé mercredi qu’elle entendait « dicter » les décisions des autorités du Venezuela, en conservant le contrôle de la commercialisation du pétrole pour une durée « indéterminée ». Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées du monde avec plus de 303 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).


Depuis l’arrestation de Nicolás Maduro et son emprisonnement à New York, Washington affiche clairement son emprise sur Caracas. L’administration américaine a ainsi réaffirmé mercredi son intention de « dicter » tant que nécessaire les décisions des autorités vénézuéliennes, en gardant notamment le contrôle sur la commercialisation du pétrole vénézuélien pour une durée « indéterminée ».

Donald Trump a déclaré que le Venezuela ne pourrait acheter que des produits fabriqués aux États-Unis avec les recettes des ventes de pétrole gérées par Washington, en vertu d’un accord conclu avec Caracas.

Delcy Rodriguez adoubée par la CIA ?

« Nous restons en étroite coordination avec les autorités intérimaires et les États-Unis continueront à dicter leurs décisions », a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt. « Nous avons évidemment un effet de levier maximal », a-t-elle ajouté.

Cette clarification fait suite à des propos de la présidente intérimaire du Venezuela, Delcy Rodriguez, qui a affirmé mardi qu’« aucun agent extérieur ne gouvernait » le pays. Selon le *Wall Street Journal*, l’ascension de cette femme de 56 ans était le scénario privilégié de la CIA en cas de chute du président Nicolás Maduro.

Un plan américain en trois étapes

Le secrétaire d’État, Marco Rubio, a pour sa part rejeté toute « improvisation » de la part des autorités américaines après l’opération militaire au Venezuela. Il a assuré à la presse que Washington avait élaboré un plan en trois étapes pour le pays : la première étape consiste à stabiliser le pays, la deuxième, intitulée « rétablissement », vise à « garantir que les entreprises américaines, occidentales et autres aient accès au marché vénézuélien de manière équitable », tandis que la troisième a trait à une transition. Karoline Leavitt a également déclaré que, selon Washington, il était « prématuré » de parler de l’organisation d’élections.

La porte-parole de la Maison-Blanche a également annoncé que Donald Trump rencontrerait vendredi les dirigeants de grandes entreprises pétrolières américaines pour « discuter des immenses possibilités qui s’offrent à ces sociétés » au Venezuela. Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, a affirmé mercredi que Washington contrôlerait « pour une période indéterminée » la commercialisation du pétrole vénézuélien, la principale ressource du pays. Suite à ces déclarations, la compagnie pétrolière publique du Venezuela, PDVSA, a annoncé qu’elle négociait la vente de pétrole avec les États-Unis.

Caracas possède les plus grandes réserves prouvées au monde, avec plus de 303 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Cependant, sa production demeure faible, aux alentours d’un million de barils par jour, en raison de décennies de sous-investissement dans les infrastructures.