Les Etats-Unis passent les taxes punitives sur les avions Airbus de 10% à 15%

Un avion Airbus au Bourget, en 2015. — Francois Mori/AP/SIPA

Les Etats-Unis vont relever les taxes douanières imposées aux avions Airbus importés d’Europe. A compter du 18 mars, elles passeront à 15 % selon l’annonce qui a été faite par un communiqué du représentant américain au commerce (USTR). Ces taxes étaient de 10 % depuis octobre dernier, quand le gouvernement américain avait décidé de frapper 7,5 milliards de dollars de produits européens de tarifs douaniers punitifs.

A l’origine, Washington avait pris cette mesure en représailles contre les subventions reçues par le constructeur aéronautique européen, jugées indues par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). D’autres produits, dont le vin, le fromage, le café et les olives, sont taxés à hauteur de 25%.

Pour Trump, un instrument de négociation

En Europe et aux Etats-Unis, les différents secteurs concernés retiennent leur souffle à chaque nouvelle décision, dans l’espoir que leur catégorie soit retirée de la liste, et dans la crainte que les tarifs ne soient augmentés. En octobre, Delta Air Lines, compagnie américaine cliente d’Airbus, avait déploré ces sanctions, estimant que les tarifs douaniers allaient causer de « graves préjudices aux compagnies aériennes américaines, aux millions d’Américains qu’elles emploient et aux voyageurs ».

Mais le président américain Donald Trump utilise aussi ces taxes comme instrument de négociation. Après des mois de guerre commerciale avec la Chine, à coups de tarifs douaniers punitifs réciproques, il s’est exclamé « notre stratégie a payé ! », quand les deux pays ont signé un accord mi-janvier.

Des négociations au point mort

Son attention porte maintenant sur l’Europe. Donald Trump et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont en effet annoncé fin janvier, après une rencontre à Davos (Suisse), leur volonté de relancer le chantier commercial transatlantique et de conclure un accord dans les prochaines semaines. Mais pour l’heure, les négociations n’ont pas abouti et les relations restent tendues alors que l’hôte de la Maison-Blanche brandit toujours la menace de taxer les importations de voitures européennes, qui fait trembler en particulier les industriels allemands.

Lundi, il a déclaré qu’il était temps de négocier « très sérieusement » un accord commercial avec l’Union européenne. Il souhaite que les pays membres de l’UE ouvrent davantage leur marché aux produits américains, notamment agricoles.

Récemment, son administration a menacé de surtaxer « jusqu’à 100 % » l’équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits français. De quoi faire frémir les viticulteurs, mais aussi les importateurs américains de vin français, qui, dans une lettre à l’USTR ont chiffré de 11.200 à 78.600 les pertes d’emplois aux Etats-Unis si ces menaces étaient mises à exécution.

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