« Les Engagés » : Comment Benjamin Lavernhe s’est retrouvé à venir en aide aux exilés

En 2018, des militants surnommés les « 7 de Briançon »ont été condamnés par la justice pour avoir facilité l’entrée en France de migrants après une manifestation à la frontière italienne. Ils seront relaxés en 2021. Les Engagés d’Emilie Frèche évoque ces femmes et ses hommes courageux en décrivant le parcours d’un personnage fictif joué par Benjamin Lavernhe dont la vie change du jour au lendemain lorsqu’il percute accidentellement un jeune exilé (Youssouf Gueye).

Epaulé son épouse (Julia Piaton) et par la directrice d’un refuge (Catherine Hiegel), ce kinésithérapeute sans histoire va découvrir celle de migrants et prendre parti pour leur cause. « Ce personnage est l’héritier des Justes d’hier, estime la réalisatrice Emilie Frèche. Il met sa morale au-dessus des lois qu’il considère comme iniques. » Sa prise de conscience sera douloureuse, mais digne.

Une générosité dépourvue de naïveté

Pour sa première réalisation, la coscénariste du Ciel attendra (2016) de Marie-Castille Mention-Schaar s’intéresse moins aux migrants eux-mêmes qu’aux réactions qu’ils suscitent. « La solidarité est criminalisée sur le territoire français alors que le mot « fraternité » est écrit dans notre devise républicaine, martèle-t-elle. Cela me met très en colère. » Emilie Frèche prône la désobéissance civile, qui lui tient d’autant plus à cœur que ses grands-parents juifs ont dû leur salut à des gens qui leur ont donné de faux papiers pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cette fureur galvanise Les Engagés quand l’adolescent sauvé au début du film disparaît soudainement provoquant un séisme émotionnel chez le héros déterminé à le retrouver. Dans des superbes décors de montagne, les destins souvent tragiques s’entremêlent conduisant à une réflexion nécessaire sur notre humanité et sur le monde qu’on veut bâtir. Cette œuvre dépourvue de naïveté a reçu le prix du public au festival de St-Jean-de-Luz.