Les CTS écrivent au président Macron pour éviter la «destruction» du sport français

Emmanuel Macron en discussion avec le «monsieur haute performance» du ministère des Sports Claude Onesta et la ministre Roxana Maracineanu. — Ludovic MARIN / POOL / AFP

La grogne s’intensifie contre la réforme voulue par le ministère des Sports. Le collectif des conseillers techniques sportifs (CTS), ces cadres d’Etat dont le gouvernement veut confier la gestion aux fédérations, a publié lundi une lettre ouverte adressée au président de la République, Emmanuel Macron. Il entend alerter ce dernier sur le danger que représente cette réforme pour le sport français. «Nous refusons ce projet de société, car il ne semble correspondre ni aux valeurs du sport français, ni au cap que vous avez fixé à notre pays», est-il écrit. 

Pour le collectif, atteindre l’objectif des 80 médailles aux Jeux olympiques 2024 à Paris est impensable si le statut des CTS est ainsi bouleversé. «L’immensité de la tâche (..) nécessite de nombreuses années de préparation. Mais la dynamique a été malheureusement totalement inversée par la destruction de l’encadrement.»

La ministre des Sports Roxana Maracineanu entend confier la gestion des cadres aux fédérations, pour donner à ces dernières plus d’autonomie de fonctionnement. Cela rendrait instable leur situation et les Fédérations n’ont pas les finances nécessaires pour cela, répond le «collectif des 1000», regroupant des CTS, des entraîneurs nationaux (EN), des conseillers techniques nationaux (CTN) et des directeurs techniques nationaux (DTN).

«Nous sollicitons votre écoute attentive pour abandonner le principe du détachement obligatoire des CTS dans les fédérations, qui n’ont ni la capacité financière à terme, ni les moyens structurels de s’organiser dans les délais imposés», ajoute le collectif, qui demande le retrait de l’amendement gouvernemental sur la loi de modernisation public visant les conseillers (article 28). 

«Faut-il détruire l’ancien système ainsi que le statut de ces ingénieurs du sport (experts de la performance, ingénieurs de formation, formateurs de formateurs, chefs de projet, manageurs de haut niveau) au profit d’un autre modèle qui se voudrait plus moderne et plus agile et dont l’efficacité est pour le moins incertaine quand on commence par en supprimer tout de suite 25%?», demande enfin le collectif, qui remet ainsi en cause le nouveau modèle de gouvernance mis en place via l’Agence nationale du sport. 

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