Les coulisses du speech de «TP» qui a changé l’histoire du basket français

A jamais le premier… — Petr David Josek/AP/SIPA

  • Tony Parker a annoncé son départ à la retraite lundi soir
  • 20 Minutes revient sur un des moments les plus marquants de la carrière de TP en équipe de France

« Même si on perd, au moins on joue avec notre fierté ! » A la mi-temps d’un France-Espagne d’anthologie (souvent un pléonasme), ces mots ne viennent pas du coach de l’équipe de France de basket, Vincent Collet, mais bien de Tony Parker, un néoretraité dont il convient de chanter les louanges. En demi-finale de l’Eurobasket 2013, « TP », leader incontesté des Bleus sur le terrain, montre ce jour-là l’étendue de son aura dans les vestiaires. Immersion dans l’un des moments les plus marquants du basket français.

Après 20 minutes de jeu, le KO est tout proche pour une équipe de France menée 34 à 20, dont 14 points de ce cher Tony, éperdument seul. On parle souvent des causeries d’avant-match, mais celle de Parker à la mi-temps de ce désastre annoncé se classe parmi les plus mémorables. Coup de chance, la séquence a été capturée par la caméra de Fabrice Godet-La-Loi, pour l’émission de Canal+ Intérieur Sport. « J’en ai encore des frissons dès que j’en parle. Après une première mi-temps aussi mauvaise, je savais qu’il allait se passer quelque chose dans les vestiaires. »

Parker rentre le dernier dans la pièce, tout le monde s’assied. « Il y avait un silence de plomb », se souvient le journaliste. « [Les Espagnols] nous prennent pour de la merde. Si on perd, c’est pas grave c’est la vie. Mais je préfère perdre en me battant, pas comme ça. On se fait défoncer là ! ». Le meneur de San Antonio l’avouera après la compétition : « c’est le plus grand moment de ma carrière en équipe de France. Il fallait trouver les mots justes pour piquer mes coéquipiers dans leur fierté pour qu’en deuxième mi-temps on fasse la meilleure mi-temps du basket français. »

A sa place habituelle, Vincent Collet observe, silencieux, son joueur star faire le job à sa place. « Il était en train de lâcher ce que j’avais prévu de dire aux joueurs, confesse l’entraîneur. Ça m’a amusé de voir, alors qu’il était dans le feu de l’action, à quel point il était lucide sur ce qu’il se passait. Je crois qu’il n’y a pas de mot pour définir ça de toute façon. C’était le charisme qu’il avait sur l’équipe, l’ascendant qu’il avait sur ses coéquipiers, qui lui permettait de faire ça, de leur parler aussi crûment et avec d’autant de détermination. »

Tony, leader « éminemment reconnu »

Parce que « TP » c’est quand même un palmarès qui fait taire les jeunes (Lauvergne, Heurtel), et même les moins jeunes (coucou Boris Diaw) : 181 sélections en équipe de France, quatre titres NBA, MVP des Finales 2007… Alors dans le vestiaire, quand le patron décide de pousser une gueulante, peu de personnes peuvent se permettre de le couper (malgré deux tentatives de « Captain’ Babac »). « Il faut que ce soit des joueurs qui soient éminemment reconnus par les autres comme étant les leaders, parce qu’il ne faut pas s’octroyer ce droit soi-même, explique Vincent Collet. Pour que les autres écoutent et laissent dérouler, il faut que l’ensemble du groupe l’autorise à pouvoir le faire, et là c’était évidemment le cas. »

Car si Tony Parker a bien compris une chose dans sa carrière, c’est que peu importe le talent qu’on a, le collectif aura toujours une place essentielle, comme le résume son meilleur ami Boris Diaw dans un entretien à L’Equipe : « au fur et à mesure de sa carrière, Tony a pris de plus en plus de plaisir à mettre les autres en avant, à comprendre qu’il fallait contenter un peu tout le monde pour faire gagner son équipe. » Chose qu’il a mise en application en seconde période de ce France-Espagne électrique (encore un pléonasme), après avoir tenu son équipe à bout de bras en première mi-temps.

Résultat ? La France qui sort des vestiaires n’est plus du tout la même. « TP » transcende son équipe et bouleverse le scénario du match, en l’emportant en prolongations, et par la même occasion celui de l’histoire du basket français. 2013 demeure la seule année couronnée d’or. Quant aux mots de la mi-temps du numéro 9 des Spurs, Vincent Collet a su les apprécier en laissant la parole : « C’était un moment fort comme on peut en vivre dans les vestiaires. Ce sont des moments rares dans le sport. » Rares oui, voire unique en l’occurrence.

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