«Les Amours imaginaires», «Mommy»… Quel film regarder quand on n’a jamais vu un film de Xavier Dolan?

Anne Dorval et Xavier Dolan sur le tournage de «Mommy». — Shayne Laverdiere

  • « Ma vie avec John F. Donovan » est à l’affiche des salles françaises depuis ce mercredi.
  • Il s’agit du septième film réalisé par Xavier Dolan.
  • « 20 Minutes » vous suggère, si vous n’avez vu aucun de ses films, de commencer par « Les amours imaginaires ».

Ma vie avec John F. Donovan sort ce mercredi dans les salles françaises. Il s’agit du – déjà – septième film signé Xavier Dolan en dix ans, alors que le réalisateur n’a pas encore 30 ans. Si vous ignorez que la valeur n’attend pas le nombre des années et que vous n’avez encore jamais vu un seul long-métrage du Québécois, 20 Minutes vous suggère une petite séance de rattrapage en trois œuvres.

« Les amours imaginaires » (2010)

Francis et Marie sont amis, jusqu’au jour où Nicolas déboule dans leur vie : ils en tombent immédiatement amoureux. Les amours imaginaires est sans doute le film le plus accessible et grand public de Xavier Dolan. Le plus léger aussi. Il est moins l’histoire d’un ménage à trois qu’une dissection de la cristallisation amoureuse ou, pour le dire plus simplement, de la manière dont on idéalise la personne dont on est sous le charme. Soit un sentiment que l’on a toutes et tous expérimenté au moins une fois dans sa vie. Le film condense quelques-uns des traits les plus saillants du cinéma du réalisateur : la violence des sentiments, le stylisme pop, les séquences clipesques.

La scène marquante : Lors d’une fête, Francis et Marie observent Nicolas danser sur Pass This On de the Knife. Le montage donne à voir entre deux flashs stroboscopiques ce que chacun projette sur l’objet de leur affection.

« Mommy » (2014)

Prix du jury au Festival de Cannes 2014, Mommy est le film de la consécration ou, du moins, celui qui a obtenu le plus large consensus auprès du public et de la critique. En mettant en scène la relation en montagnes russes d’une femme et de son fils adolescent qui ont du mal à joindre les deux bouts, le réalisateur aborde frontalement la thématique de la figure maternelle qui hante sa filmographie. Il peut être intéressant de le regarder avant ou après J’ai tué ma mère, le premier long-métrage de Xavier Dolan – sorti en 2009 – où il est question d’un rapport d’amour/haine entre un enfant et sa génitrice. Dans les deux films, la maman est incarnée par Anne Dorval, actrice fétiche du Québécois.

La scène marquante : Attention spoiler. Au son d’Experience, un instrumental de Ludovico Einaudi, on découvre l’avenir idéal – et inatteignable – dont la mère rêve pour son fils. Une séquence qui rappelle l’épilogue de la série Six Feet Under, influence revendiquée du réalisateur.

« Laurence Anyways » (2012)

Le jour de ses 30 ans, Laurence, que tout le monde connaît en tant qu’homme, décide de s’assumer en tant que femme, ce qui va chambouler sa vie de couple avec sa compagne, Fred. Sur le sujet de la transidentité, le film est complètement à côté de la plaque. En revanche, sur le plan esthétique, Laurence Anyways est un ravissement total. Xavier Dolan multiplie les exubérances visuelles, ne lésine pas sur le maniérisme et, surtout, se fait plaisir : le tout dure près de deux heures et cinquante minutes alors que certaines séquences auraient clairement pu être coupées au montage.

La scène marquante : Au restaurant, face aux remarques désobligeantes de la gérante envers Laurence, Fred (formidablement incarnée par Suzanne Clément) s’indigne avec virulence. Un coup de gueule contre la bêtise ordinaire qui précède le clip de la chanson College Boy d’Indochine que Xavier Dolan réalisera un an plus tard et qui évoque le harcèlement scolaire et l’homophobie.

Cinéma

La gloire ne fait pas le bonheur de Xavier Dolan

Cinéma

Xavier Dolan est-il un enfant gâté, un génie ou les deux à la fois?

0 partage