Les acides gras trans mettent toujours en danger des milliards de personnes, selon l’OMS

Il reste encore beaucoup à faire pour éliminer les acides gras trans industriels de l’alimentation mondiale. L’objectif de les éliminer d’ici 2023, alors qu’ils sont utilisés dans de nombreux aliments de grande consommation, est très loin d’être atteint et cinq milliards de consommateurs ne sont toujours pas protégés contre ces produits dangereux pour la santé. Dans son rapport d’étape, publié lundi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est obligée de reconnaître que cela « est inatteignable à l’heure actuelle ».

Pourtant, ces acides gras trans n’ont « aucun bénéfice connu et présentent d’énormes risques pour la santé qui entraînent des coûts gigantesques pour les systèmes de santé », rappelle le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans un communiqué. Et d’exhorter à se débarrasser « une fois pour toutes » de ces « produits chimiques toxiques qui tuent ».

Risques de maladies cardiaques

Aujourd’hui, 43 % seulement de la population mondiale bénéficie d’une forme de protection contre ces produits que l’OMS estime à l’origine de maladies cardiaques responsables de 500.000 décès par an. Sur les 60 pays qui ont prévu une forme ou une autre d’élimination des acides gras trans industriels, seuls 43 ont adopté les meilleures pratiques : soit une limite obligatoire pour qu’ils ne représentent pas plus de 2 % des huiles et des graisses dans l’ensemble des produits alimentaires, soit une interdiction des huiles partiellement hydrogénées.

Les acides gras trans industriels sont présents dans les graisses végétales solidifiées, comme la margarine et le beurre clarifié (ghee), et se retrouvent souvent dans les snacks, les aliments cuits au four et les aliments frits. Les fabricants les utilisent parce qu’ils ont une durée de conservation plus longue et sont moins chers que les autres graisses.

« Ça devrait être interdit »

« Franchement, quand il y a des acides gras trans, ça tue des gens et ça devrait être interdit », a assené lors du point de presse Tom Frieden, ancien patron des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains et président de Resolve to Save Lives qui lutte notamment contre les maladies cardio-vasculaires.

« Il n’y a tout simplement aucune excuse pour qu’un pays ne prenne pas de mesures pour protéger son peuple de ce produit chimique toxique artificiel », a-t-il dénoncé. « Vous pouvez éliminer les acides gras trans sans changer le coût, le goût ou la disponibilité d’excellents aliments ». « Vous ne pouvez pas voir les acides gras trans dans votre alimentation. Vous ne savez pas qu’ils sont là. Si vous avez une crise cardiaque et que vous en mourez, vous ne saurez peut-être pas qui en est la cause », a-t-il mis en garde, disant son « optimisme » sur le fait que le monde « puisse reléguer les acides gras trans aux oubliettes ».