Les accompagnants d’élèves en situation de handicap manifestent dans 80 villes

« On est vraiment en colère ! » Sylvie Serrano, représentante à la FSU dans les Hautes-Pyrénées, manifeste aujourd’hui avec de nombreux accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) contre la précarité et la dégradation de ses conditions de travail. Au total, des rassemblements sont organisés dans plus de 80 villes. Et les revendications ne manquent pas.

« On a des temps partiels imposés. La plupart des AESH travaillent vingt-quatre heures par semaine et les salaires sont en dessous du seuil de pauvreté », pointe l’accompagnante en lycée professionnel. « Le salaire moyen est d’environ 760 euros et l’évolution de carrière est misérable », renchérit Anne Falciola, AESH dans un collège de l’Ain et représentante CGT.

Une profession à 90 % féminine

Le statut et la formation sont également des facteurs d’insatisfaction : même en CDI, les AESH n’ont pas le statut de fonctionnaire de l’Education nationale, et la formation initiale ne dure que soixante heures pour cette profession « à 90 % féminine ». La nouvelle grille indiciaire mise en place par le ministère ne suffit pas.

Malgré une augmentation de leur nombre de 35 % en cinq ans, et 4.000 recrutements prévus à la rentrée 2022, les AESH ne sont que 125.500 face à 400.000 élèves en situation de handicap. Les choses ont empiré depuis 2019 et la mise en place des PIAL, ces Pôles inclusifs d’accompagnement localisés pour coordonner les interventions.

Des emplois du temps fragmentés

En réalité, ils ont fragmenté les emplois du temps, parfois de manière incohérente, et contribué à « déshumaniser cette fonction », estime Katia Batailler, AESH dans les Deux-Sèvres. « Depuis l’arrivée des PIAL, suivre quatre ou cinq élèves c’est courant, et ça l’est aussi qu’un élève puisse avoir plusieurs AESH », témoigne Sylvie Serrano.

Absurde et particulièrement destabilisant pour les élèves, notamment les autistes. Certaines familles n’hésitent pas à se tourner aujourd’hui vers la justice, comme Laetitia Sarre, qui a obtenu en juin la condamnation de l’académie d’Aix-Marseille pour non-respect du nombre d’heures d’accompagnement de son fils autiste à Marseille.