« Lego Masters » : Pourquoi les candidats se ressemblent presque tous d’année en année

Existe-t-il un modèle d’assembleurs et d’assembleuses de Lego en kit ? L’an dernier, les papas belges rockeurs Alban et Xavier étaient allés en finale de Lego Masters. Lors de cette nouvelle édition, les métalleux suisses Alex et Éric comptent faire aussi bien. En saison 1, l’imagination débordante de Marguerite et Renaud avait également conquis le public, comme le font actuellement Marine et Benjamin, présentés comme « les rétros de la brique ». Ces similarités entre les couples, qui font des candidats et candidates des personnages de télévision, sont-elles de l’ordre du hasard ou de la coïncidence ?

Des personnalités fortes à l’univers singulier

« Il y a sans aucun doute des profils de fans de Lego, répond Eric Antoine, qui anime le programme. On retrouve des psychologies avec lesquelles il y a des ponts : des profils artistiques, de grands enfants, des duos plutôt geek… » Si le casting est plus féminin que l’année dernière, il est tout aussi créatif que le précédent, une qualité primordiale qui expliquerait la ressemblance entre les binômes des deux saisons. « Ce sont ces personnalités très fortes qui vont développer un univers très singulier, plus artistique, et c’est aussi cela que l’on recherche pour faire la différence », indique Paulina Aubey, l’une des deux brickmasters de l’émission.

« Je pense qu’on a affaire à des gens qui ont une forme de fantaisie en eux », abonde Matthieu Bayle, directeur des programmes d’Endemol France qui produit Lego Masters. Si la morosité est le mot qui vous qualifie le plus, vous pouvez donc passer votre chemin. En revanche, si vous portez des kilts chez vous comme Alex et Éric, il y a moyen que vous tapiez dans l’œil de la production.

« On n’a pas relooké les candidats, assure Matthieu Bayle. Nos métalleux suisses écoutent du métal et mettent des kilts. C’est sûr que la production leur dit de mettre les kilts lors de la première émission, ça les positionne. On joue avec les codes. » Même chose pour Marine et son look rétro. « Elle est vraiment comme ça. Si elle avait eu un niveau très moyen en briques, elle n’aurait pas fait partie du casting », ajoute le producteur.

François Pignon ne passerait pas l’étape des qualifications

Deux piliers sont nécessaires pour avoir une chance d’assembler des milliers de pièces devant les caméras de M6 pendant plusieurs dizaines d’heures. Le premier repose sur la créativité et l’autre sur la technicité. En clair : est-ce qu’il est possible de créer un immense cochon rose à paillettes et de le faire danser sur un tourne-disque en mouvement ? « La personnalité compte, avoue Matthieu Bayle. Mais on ne prendra jamais une bonne personnalité qui n’a pas un bon niveau dans la construction. » À l’instar de Top Chef, Lego Masters se veut être un concours d’excellence.

C’est ce dont s’est assuré Georg Schmitt, l’un des quatorze professionnels certifiés par Lego dans le monde, avant de rejoindre le projet. « Lors de ma première rencontre avec la production, je leur ai dit que s’ils voulaient faire un dîner de cons ou de la téléréalité, il fallait m’oublier », lance-t-il.

Une base de fans « beaucoup plus large qu’on le croit »

La production assure avoir reçu plus de candidatures que lors de la première édition. C’est mathématique : quand quatre millions de personnes regardent l’émission, cela donne forcément des envies d’aventure à certains et certaines. « Vous avez aujourd’hui des gens qui restent chez eux parce que c’est dur pour eux de dire qu’ils jouent encore avec des briques à leur âge », avance Georg Schmitt.

Tous les constructeurs et constructrices de Lego ne traîneraient donc pas en kilt à la maison ? « Il y a des fans hardcore d’univers de fantaisie qui trouvent là-dedans un territoire fantastique mais il y a aussi des femmes, des hommes, des enfants, des ados, des vieux. C’est beaucoup plus large qu’on le croit », soutient Matthieu Bayle. En témoignent les chiffres d’audiences des deux premiers numéros de la saison : en moyenne, ils ont été suivis par 2,47 millions de personnes.