Législatives 2022 : Le président LR du Sénat, Gérard Larcher attend « un changement profond d’attitude » de Macron

Le président Les Républicains du Sénat appelle au « dialogue ». Mais d’après Gérard Larcher, pour dialoguer, Emmanuel Macron, qui est « responsable de la défaite historique » de son camp aux législatives, va devoir opérer « un changement profond d’attitude ». Le pays « risque d’être difficile à gouverner », et « pour ma part, je souhaite le dialogue dans l’intérêt de la France », souligne-t-il dans un entretien au Parisien.

Alors que le chef de l’Etat a refusé mardi la démission de la Première ministre Elisabeth Borne, Gérard Larcher estime qu’elle « n’est pas responsable de la défaite, c’est le président ». Quant à dissoudre l’Assemblée, « il en a la prérogative mais le peuple souverain vient de décider. Il faut se méfier des dissolutions de confort ». « C’est vraiment en cas de blocage du pays que la Constitution a prévu cette porte de sortie, en redonnant la parole au peuple », rappelle le président du Sénat.

Larcher veut donner la commission des Finances au RN

Maintenant « c’est à lui [Emmanuel Macron] de faire des propositions », souligne Gérard Larcher, notant que rencontrer les chefs de partis comme le chef de l’Etat l’a fait mardi « devrait être une habitude ». Le « bilan politique » d’Emmanuel Macron « est le résultat de la verticalité de sa gouvernance » et démontre « les limites du « en même temps » : 72 députés LFI et 89 pour le RN », et « le front républicain a disparu ».

Côté LR, « nous sommes clairement dans l’opposition, (…) mais nous avons comme ligne de conduite l’intérêt de la France et des Français », souligne-t-il. Faut-il travailler avec le futur groupe RN à l’Assemblée ? « Nous n’avons pas la même histoire et ne partageons pas les mêmes valeurs, mais ce sont des élus de la République », répond Gérard Larcher. Et la présidence de la commission des Finances de l’Assemblée « devrait (leur) revenir », car « le RN est le premier groupe d’opposition ».

La page Sarkozy « tournée »

Au moment où le président des Républicains Christian Jacob s’apprête à quitter son poste, Gérard Larcher juge par ailleurs que le parti peut « retrouver un espace politique entre un macronisme qui vient d’échouer et les deux extrêmes ».

Laurent Wauquiez, souvent cité pour prendre la suite de Christian Jacob, « en a, bien sûr, les qualités, mais nous n’avons pas encore ouvert cette séquence », estime Gérard Larcher, soulignant qu’il sera lui-même « le défenseur de l’unité et du rassemblement ». Il « regrette » par ailleurs que Nicolas Sarkozy​ ait « fait le choix de quitter sa famille politique » en apportant son soutien à des candidats de la majorité. « La page est tournée », conclut-il.